Affaire Legrand-Cohen: Thomas Legrand dénonce un montage avec "intention de nuire"
Le journaliste Thomas Legrand, à Paris, le 22 juin 2022 - JOEL SAGET © 2019 AFP
Le journaliste Thomas Legrand a dénoncé ce jeudi 18 décembre devant les députés un montage "avec une intention de nuire" à propos de la vidéo dans laquelle il dit faire "ce qu'il faut pour Dati" devant des responsables du PS, épisode au coeur d'accusations de connivence entre l'audiovisuel public et la gauche.
"Je vais devoir répondre à vos questions s'agissant d'extraits volés, montés, diffusés illégalement. Trois minutes rendues publiques en dehors de toute éthique journalistique", a exposé l'éditorialiste de Libération devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la "neutralité" et le "financement" de l'audiovisuel public.
"Je vous invite, mesdames et messieurs les députés, à vous remémorer votre dernier café avec des journalistes et à vous demander ce qu'aurait pu donner le fait qu'il soit filmé à votre insu et monté avec une intention de nuire avant d'être livré à une chaîne de télévision qui en fera ses choux gras pendant plusieurs jours", a ajouté Thomas Legrand.
"Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati"
La vidéo a été diffusée début septembre par le magazine de droite conservatrice L'Incorrect, et a valu aux deux journalistes, intervenants sur le service public, des accusations de partialité en faveur de la gauche.
Face aux deux responsables socialistes, Thomas Legrand évoquait les stratégies de la gauche aux prochaines élections et lâchait, au sujet de la candidate de la droite parisienne, Rachida Dati: "nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi".
Les deux journalistes avaient dénoncé un montage et ont porté plainte. L'épisode a conduit l'UDR, parti allié au RN qui prône la privatisation de l'audiovisuel public, à demander la création de cette commission d'enquête.
"Je ne regrette pas d'avoir prononcé ces propos"
La phrase que Thomas Legrand a prononcée sur Rachida Dati, "me choque parce qu'elle est montée, parce qu'elle est sortie de son contexte", a déclaré le journaliste, réaffirmant qu'il faut entendre: "on s'en occupe journalistiquement".
Pressé de questions sur le sujet par le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR), Thomas Legrand a fini par lui demander: "vous voulez que je fasse une autocritique à la soviétique?".
"Non, je ne regrette pas d'avoir prononcé ces propos. La seule chose que je regrette, c'est qu'ils aient été filmés et qu'ils aient été montés, voilà", a-t-il ajouté.












