BFM

Procès des viols de Mazan: une avocate interdite d'exercer durant deux mois après la diffusion d'une vidéo polémique

BFM M. H. avec AFP
L'avocate de deux des accusés Me Nadia El Bouroumi au palais de justice d'Avignon le 13 décembre 2024

L'avocate de deux des accusés Me Nadia El Bouroumi au palais de justice d'Avignon le 13 décembre 2024 - Christophe SIMON © 2019 AFP

Téléchargez la nouvelle application BFM
L'avocate Nadia El Bouroum, qui défendait deux accusés lors du procès des viols de Mazan, a été sanctionnée ce jeudi d'une interdiction d'exercer durant quatre mois, dont deux avec sursis, après avoir diffusé une vidéo polémique sur ses réseaux sociaux.

L'avocate avignonnaise Nadia El Bouroumi, qui défendait deux accusés lors du procès dit des "viols de Mazan", a été sanctionnée ce jeudi 18 décembre d'une interdiction d'exercer pendant quatre mois, dont deux avec sursis, après la diffusion d'une vidéo polémique.

Le conseil régional de discipline de la cour d'appel de Nîmes a "relaxé" Me El Bouroumi pour une première vidéo, dans laquelle elle débriefait une audience, mais elle a été "sanctionnée pour une seconde ("Wake Me Up") par une interdiction temporaire d'exercer la profession d'avocat d'une durée de quatre mois, dont deux mois assortis du sursis", ont expliqué dans un communiqué l'avocate et ses conseils, Me Khadija Aoudia et Me Olivier Morice.

Elle conteste la décision "avec la plus grande fermeté"

L'avocate de 46 ans, au style souvent provocateur, avait diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo filmée dans sa voiture où elle chantait et dansait sur le tube de Wham! "Wake me up before you go" ("Réveille-moi avant de t'en aller"), alors que Dominique Pelicot était jugé pour avoir chimiquement endormi son épouse Gisèle afin de la violer et de la faire violer pendant une décennie par des dizaines d'hommes, dont une cinquantaine étaient jugés à ses côtés.

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.
De l’atteinte à la pudeur aux viols de Mazan: comment le consentement a fini par s’inscrire dans la loi
17:07

Nadia El Bouroumi conteste "avec la plus grande fermeté" cette décision, contre laquelle elle "entend interjeter appel", selon le communiqué. Elle était poursuivie devant le conseil de discipline par le bâtonnier du barreau d'Avignon, Me Philippe Cano, dont elle dépend, pour "manquements à la modération et à la délicatesse" dans l'exercice de sa profession. Celui-ci avait réclamé à l'audience en novembre une interdiction d'exercer de 18 mois.

Nadia El Bouroumi et ses conseils estiment à l'inverse que "les propos reprochés s'inscrivaient pleinement dans l'exercice normal et légitime de la liberté d'expression de l'avocat" qui "ne saurait être réduite à une parole policée ou aseptisée" et "inclut, par nature, la possibilité pour l'avocat d'adopter un ton provocateur, voire cynique".

Ils dénoncent également une "inégalité de traitement" avec l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui "demeure libre d'exercer (la profession d'avocat) malgré une condamnation pénale devenue définitive".