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"Pas au courant": mise en difficulté lors du procès en appel du RN, Marine Le Pen nie les faits en bloc

BFM Vincent Vantighem avec Elisa Fernandez
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Marine Le Pen a déposé à la barre ce mardi 20 janvier, au procès en appel des assistants des eurodéputés du FN. Quatre heures durant, elle a contesté les faits qui lui sont reprochés, affirmant qu'elle n'avait rien à voir avec eux.

Elle a livré la même rengaine que lors du procès en première instance. Longuement entendue à la barre au procès en appel de l'affaire dite des assistants des eurodéputés du Front national, Marine Le Pen a à nouveau affirmé qu'elle n'avait rien à voir avec les faits qui lui sont reprochés, ce mardi 20 janvier.

Au cours de cette déposition capitale pour son avenir politique, la cheffe de file du Rassemblement national a soutenu pendant quatre heures qu'elle n'avait joué qu'un rôle de second plan dans l'embauche et la rémunération des assistants au Parlement européen.

"Je note que sur toute cette période de 10 ans, le Parlement européen ne nous a jamais reproché d'avoir eu des assistants qui manifestement travaillaient avec plusieurs députés", a-t-elle lancé en préambule, vêtue d'un tailleur sombre, répondant d'une voix calme aux questions de la présidente.

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Mise en difficulté sur l'embauche de Julien Odoul

Lors de cette nouvelle journée d'audience, pourtant, l'assurance de Marine Le Pen ne décourage pas cette dernière, qui attaque d'emblée sur l'existence d'un "système de gestion centralisé" des assistants des eurodéputés au sein du parti.

Michèle Agi explique d'abord qu'un témoin a rapporté l'organisation, à compter de 2010, de réunions annuelles pour "apurer les enveloppes parlementaires". Des réunions auxquelles, selon ce témoin, Jean-Marie Le Pen et sa fille prenaient part.

"Vous étiez donc au courant, au moins dès 2010. Et puis vous êtes devenue présidente [du FN] en 2011. Et vous avez validé ce système de gestion centralisé?", lance-t-elle.

Pour toute défense, Marine Le Pen indique que c'est son père qui "présidait le petit groupe d'eurodéputés" jusqu'en 2014, même si elle était présidente du FN.

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Mise en difficulté notamment sur l'embauche du député Julien Odoul, elle affirme qu'elle se contentait de valider le choix des assistants, afin de vérifier que les profils sélectionnés ne nuiraient pas au parti. "J'ai validé les noms, oui. Mais c'est tout", assure-t-elle, rejetant la notion de "système centralisé". "Le terme de 'système' me gêne parce qu'on a le sentiment d'une manipulation."

Marine Le Pen dénonce une volonté de vengeance

Face à la prévenue qui nie en bloc, Michèle Agi ne se démonte pas. Elle évoque un troublant échange de mails entre Jean-Luc Schaffhauser, ex-eurodéputé, et Wallerand de Saint-Just, ex-trésorier du parti, dans lequel le premier évoque un risque d'emplois fictifs et de poursuites pénales. Le second répond alors: "Je crois que Marine sait tout cela."

À la barre, Marine Le Pen dénonce en réponse l'aspect colérique de Jean-Luc Schaffhauser et la nonchalance de l'ancien trésorier du FN.

Comment, alors, expliquer que plusieurs témoins ont dénoncé les faits qui lui sont reprochés? À cette question, la cheffe de file du RN avance qu'il pourrait s'agir d'accusations nées d'une volonté de vengeance de la part de certaines de ces personnes, avec lesquelles elle a pu être en désaccord. Elle demande notamment à la cour de ne pas prendre compte des déclarations des anciens eurodéputés Aymeric Chauprade et Sophie Montel, qui ont tous deux dénoncé les faits. "Ils sont dans une hostilité à mon égard...", commente Marine Le Pen.

"Je n'étais pas au courant"

Quant aux salaires touchés par certains assistants, payés entre 3.500 et 5.000 euros, la prévenue explique avoir demandé à leurs employeurs, donc aux députés, de ne pas attribuer de salaires exorbitants.

Elle nie en revanche avoir été "au courant" du salaire touché par sa sœur, Yann Maréchal Le Pen, un salaire qui s'élevait à 4.800 euros à temps complet, puis à 5.000 euros à temps partiel. "Bien qu'elle soit ma sœur, je n'étais pas au courant de cette situation", soutient Marine Le Pen.

Suspendue vers 18 heures, l'audience reprendra mercredi à 9 heures.