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Mélenchon soutient Kerviel aux prud'hommes

BFM M.R. avec AFP
Jérôme Kerviel conteste aux prud'hommes son licenciement pour faute lourde en 2008.

Jérôme Kerviel conteste aux prud'hommes son licenciement pour faute lourde en 2008. - -

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Le co-président du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, sera présent jeudi au conseil des prud'hommes de Paris pour soutenir l'ancien trader Jérôme Kerviel, qui conteste son licenciement pour faute lourde, en 2008, par la banque Société Générale.

Jérôme Kerviel s'est trouvé un soutien en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Le co-président du Parti de gauche sera présent au conseil des prud'hommes de Paris pour soutenir l'ancien trader, qui conteste son licenciement pour faute lourde en 2008, par la Société Générale.

C'est Jean-Luc Mélenchon lui-même, qui l'a indiqué sur son blog, dans un billet intitulé "Kerviel est innocent!". "Les banques sont nos ennemies aujourd’hui car nous ne voulons pas du désastre qu’elles organisent", écrit ainsi Jean-Luc Mélenchon. "Kerviel en était un rouage actif, content de lui et du système. Mais Kerviel est innocent."

Déjà jugé au pénal, Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, ainsi qu'à verser 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien employeur.

Intention de nuire à son employeur

Le jugement de première instance, rendu en octobre 2010, a été confirmé en appel, en octobre 2012. L'ancien trader s'est pourvu en cassation. Sa demande pourrait être examinée à l'automne.

Pour contester devant les prud'hommes la qualification de faute lourde retenue par la Société Générale pour le licencier, le conseil de Jérôme Kerviel, David Koubbi, met en évidence le fait qu'elle implique nécessairement l'intention de nuire à son employeur, ce qui ne lui a jamais été reproché.

Jeudi se tient, à huis clos, la première étape de la procédure prud'homale, dite audience de conciliation. Les deux parties se retrouvent devant le bureau de conciliation, qui cherche à trouver un accord entre elles. En l'absence d'accord, l'affaire est renvoyée en jugement.

Plainte pour "faux et usage de faux"

En fin d'audience de conciliation, l'une ou l'autre partie peut formuler des demandes provisionnelles, c'est-à-dire demander que soit fixé un montant que l'autre partie apportera en garantie, dans l'éventualité d'une condamnation. Cette partie de l'audience sera publique.

Outre l'action aux prud'hommes et le pourvoi en cassation, la défense de Jérôme Kerviel a ouvert, mi-juin, un troisième front judiciaire en déposant plainte pour "faux et usage de faux" contre la Société Générale. Une action en lien avec les enregistrements réalisés lors des entretiens entre l'ancien trader et sa hiérarchie immédiatement après la découverte de sa situation.

L'ancien salarié de la banque de La Défense a, à plusieurs reprises, outrepassé son mandat de trader entre 2005 et 2008. Lorsque la banque y a mis fin, dans les derniers jours du mois de janvier 2008, Jérôme Kerviel avait exposé l'établissement à hauteur de 49 milliards d'euros environ.

Une fois cernée cette exposition, l'ancien PDG de la banque, Daniel Bouton, a ordonné qu'elle soit liquidée au plus vite, car la diffusion de l'information aurait provoqué la faillite de la Société Générale.

L'extinction de cette exposition s'est faite dans des conditions de marché très difficiles avec, à la clef, une perte de 6,3 milliards d'euros. Dans la mesure où Jérôme Kerviel avait accumulé, fin 2007, un gain de 1,4 milliard d'euros selon les mêmes procédés, la perte nette a donc été chiffrée à 4,9 milliards d'euros.


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