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Dispositif anti-drone, tunnels à rayons X... Gérald Darmanin annonce le lancement d'un plan "zéro portable en prison"

BFM Florent Bascoul
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En visite à la prison de La Santé ce vendredi 21 novembre, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a annoncé le lancement d'un plan "zéro portable en prison" dans six établissements. Des crédits budgétaires ont été ouverts pour sécuriser les prisons avec des brouilleurs ou des couvertures de cours de promenades pour éviter les projections.

"Empêcher l'arrivée des téléphones portables en prison". Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a annoncé ce vendredi 21 novembre le lancement d'un plan "zéro portable en prison" dans six établissements pour une expérimentation, lors d'un déplacement à la prison de la Santé.

"J'ai mis l'amélioration du fonctionnement des prisons en objectif n°1 (...). Certains établissements ont besoin d'une sécurité absolument renforcée", a motivé le garde des Sceaux qui a rappelé que 80.000 portables avaient été saisis en 2024 dans les établissements pénitentiaires français.

Concrètement, un plan de 29 millions d'euros est expérimenté d'abord dans six prisons: La Santé à Paris, Dijon, Toulouse, Rennes, Toulon et Arras. Le ministre a indiqué que des travaux allaient être réalisés dans les six ou sept prochains mois et qu'en fonction des résultats, ce plan pourrait être généralisé.

Un dispositif de brouilleurs téléphoniques sera mis en place, d'une valeur estimée à 6,4 millions d'euros. "(Les brouilleurs) seront extrêmement efficaces, même s'ils ne sont pas la panacée absolue, notamment par l'intermédiaire de balises que l'on pourra mettre dans chacune des ailes de détention par exemple pour ne pas gêner les riverains et garantir zéro communication dans l'établissement", a-t-il détaillé.

Limiter les projections d'objets depuis l'extérieur

Ces six établissements seront aussi équipés de dispositifs anti-drone (1,05 million d'euros), ainsi que de portiques à onde millimétriques (1,7 million d'euros) pour empêcher les objets illicites d'entrer en détention, de même que des tunnels à rayons X (780.000 euros) pour les parloirs.

Par ailleurs, des aménagements architecturaux seront appliqués comme l'installation de caillebotis renforcés aux fenêtres avec des mailles très resserrées pour limiter l'efficacité des projections extérieures.

Le garde des Sceaux a expliqué que ces six premiers établissements avaient été ciblés parce qu'ils se trouvaient en milieu urbain, qu'ils cumulaient des problèmes liés à la vétusté et à la surpopulation carcérale et que leur sécurisation était plus complexe.

"La plupart des prisons sont vieilles, il n'y avait pas de téléphone portable lors de leur construction il y a plusieurs décennies, ni de drone. On n'a pas beaucoup progressé depuis les années 50-60-70 dans l'architecture carcérale parce que ça demandait des moyens importants", a ajouté le ministre de la Justice.