Arbre pour Ilan Halimi abattu: deux suspects ont été interpellés et sont jugés en comparution immédiate
Une stèle commémorative et le tronc de l'olivier, abattu à la tronçonneuse, qui a été planté en 2011 devant un mémorial à Ilan Halimi, dont la mort a provoqué une vive émotion en France, à Épinay-sur-Seine, le 15 août 2025. - DIMITAR DILKOFF
Deux suspects ont été interpellés ce lundi 25 août, après l'abattage d'un arbre en hommage à Ilan Halimi à Épinay-sur-Seine, a appris BFMTV auprès du parquet de Bobigny, confirmant une information de Paris-Match. Âgés de 19 ans, les deux hommes, sans domicile fixe et frères jumeaux, ont été identifiés grâce à leur ADN avant d'être interpellés par les policiers de la sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis.
Ils ont été jugés ce mercredi soir en comparution immédiate pour "destruction de bien aggravée par deux circonstances (réunion et bien d’utilité publique)", "violation de monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion" et "refus de remettre la convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie".
Le nombre d'actes antisémites en nette hausse
L'exploitation de leur téléphone a permis aux enquêteurs de constater la présence de vidéos dans lesquelles les deux suspects s'entraînaient à manier une tronçonneuse. Ilan Halimi est un Français de confession juive séquestré et torturé à mort en 2006 par le "gang des barbares". Son décès avait provoqué une vive émotion en France. Un arbre avait été planté en 2011 à Épinay-sur-Seine en 2011 en son hommage.
Il a été sectionné à l'aide d'une tronçonneuse dans la nuit de mercredi 13 à jeudi 14 août, un acte unanimement condamné par la classe politique. Le président Emmanuel Macron a assuré que la République serait "toujours intransigeante" face à l'antisémitisme.
"Abattre l'arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c'est chercher à le tuer une deuxième fois. Il n'en sera rien: la Nation n'oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif. Tous les moyens sont déployés pour punir cet acte de haine", a écrit sur X le chef de l'État le 15 août dernier.
De son côté, le Premier ministre François Bayrou a pour sa part dénoncé la "haine antisémite" des auteurs de l'abattage de l'arbre, "vivant rempart contre l'oubli".
"Honte au profanateur antisémite qui a dû penser que cet acte était d'un courage infini...", a lancé de son côté le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, tandis que le député de la France insoumise (LFI) Antoine Léaument a fait part de sa "colère immense" et de son "plein soutien à nos compatriotes juifs".
À l'extrême droite, Éric Ciotti, patron de l'UDR alliée au Rassemblement national, y voit "un abominable symbole de l'explosion de l'antisémitisme dans notre pays autant qu'une infâme attaque contre la mémoire du martyr d'Ilan Halimi".
Les actes antisémites sont en nette progression en France depuis le 7 octobre 2023, date des attaques du Hamas contre Israël et du déclenchement de la guerre à Gaza.
Entre janvier et juin 2025, 646 actes antisémites ont été recensés en France, en baisse de 27% par rapport au premier semestre 2024, selon des chiffres diffusés lundi par le ministère de l'Intérieur. Mais ils représentent plus du double que les 304 actes recensés entre janvier et juin 2023.












