Agression antisémite à Livry-Gargan: "Vous êtes juifs, où est l'argent?"

Le pavillon est méconnaissable. Dans toutes les pièces, tout a été saccagé, renversé, brisé... jusque dans la salle de bain. Dans ce pavillon de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis où, dans la nuit de jeudi à vendredi, les cambrioleurs cherchaient la richesse supposée d'une famille de confession juive.
"Vous êtes juifs, donc où est l'argent? (...) Vous êtes juifs donc vous avez de l'argent", auraient-ils exigé, selon Marc Bensimhon, l'avocat de la famille.
Il auraient réclamé et emporté bijoux, argent en espèces et les cartes de crédit de la famille, "pas grand-chose", toujours selon le conseil. Le couple violenté par ses agresseurs armés de couteaux et de tournevis a dû être hospitalisé. Le préjudice est estimé à quelques milliers d'euros.
Frappés, ligotés, séquestrés
Avant d'entrer dans le pavillon par le sous-sol, les agresseurs ont coupé l'électricité. Ils s'en sont d'abord pris au fils du couple de septuagénaires. Puis au petit matin ils s'en sont pris à la maîtresse de maison et à son mari qui a reçu plusieurs coups de pied au thorax et à la tête. La famille a ensuite été ligotée et séquestrée pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que la femme parvienne à alerter la police. Djamila, voisine connaissant bien le couple n'a rien remarqué de particulier de jour-là, jusqu'à ce qu'elle entende le père de famille crier à la fenêtre du logement.
Le parquet de Bobigny a confié vendredi à la sûreté territoriale du département une enquête pour séquestration, vol et extorsion en réunion avec violences et en raison de la religion des victimes.
"Acte lâche directement lié à la religion des victimes"
"Selon les premiers éléments, la motivation de cet acte lâche semble directement liée à la religion des victimes", a dénoncé le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dans un communiqué.
"Tout sera mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs de cette odieuse agression", a-t-il ajouté, apportant son "profond soutien à la famille et aux responsables des institutions juives de France".
Dimanche, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a condamné dans un communiqué* "une nouvelle agression manifestement antisémite" et "préméditée" au cours de laquelle ces trois membres d'une même famille ont été, selon le BNVCA, "menacés de mort", "insultés", "violemment battus" et "dépouillés par trois individus" qui ont pris la fuite.
Parmi les victimes figure Roger Pinto, 78 ans, président de l'association "de défense du peuple juif et de l'État d'Israël" Siona, militant connu dans la communauté, a indiqué son avocat, Marc Bensimon.
"L'insécurité des Français juifs" en question
Dans un communiqué, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a condamné de son côté avec force une "agression très violente et antisémite". Pour le Président du Crif, Francis Kalifat, "cet acte odieux est bien la preuve si besoin en est, que les juifs de France sont particulièrement menacés dans la rue et depuis quelque temps au sein même de leur domicile ce qui est encore plus inquiétant".
"Roger Pinto a été victime des préjugés antisémites des banlieues", a estimé de son côté le président du consistoire, Joël Mergui. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a elle aussi dénoncé dimanche dans un communiqué "l'insécurité des Français juifs". "La communauté est très remontée car cette agression touche un de ses membres éminents", a dit Me Bensimhon.
"Depuis ce matin, je reçois énormément d'appels de gens qui me demandent: 'Penses-tu qu'il faut partir?'"
Dans la rue où a eu lieu l'agression, des caméras de surveillance vont être installées, a promis la mairie. La semaine dernière d'autres voisins du couple ont, eux-aussi, été victimes de cambriolages.
*Communiqué du BNVCA:
"Le BNVCA a dénoncé et condamné l'agression antisémite commise contre une famille juive à Livry Gargan; Le BNVCA tient à saluer
le Ministre d'Etat Ministre d' l'Intérieur, Mr Gérard Collomb qui vient de publier un communiqué dans lequel il exprime son indignation après cette violente agression confirmant les premiers soupçons du BNVCA le ministre précise que selon les premiers renseignements la motivation semble directement liée à la religion des victimes .
Le Ministre fait part de son soutien à la famille agressée et aux responsables des institutions juives de France.
Comme l'a réclamé le BNVCA, le ministre assure que "tout sera mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs de cette odieuse agression."
Le BNVCA a chargé Maitre Bensimhon d'assister la famille victime,de déposer plainte au nom du BNVCA qyui se constitue partie civile."












