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"All's Fair" avec Kim Kardashian: pourquoi, malgré un casting de luxe, la série de Ryan Murphy est un ratage complet

BFM Sophie Hienard
Kim Kardashian et Naomi Watts dans la série "All's Fair".

Kim Kardashian et Naomi Watts dans la série "All's Fair". - Hulu/Disney+

CRITIQUE - La série portée par Kim Kardashian, Glenn Close ou encore Naomi Watts dépeint un cabinet d'avocates californien spécialisé dans les divorces. Si l'intrigue peut paraître attrayante, le résultat est (très) décevant.

On s'attendait à un mix entre Desperate Housewives et Suits. Une série où des avocates de choc défendraient avec panache des affaires dans les tribunaux le jour, tout en parlant amour et sexe le soir. On voulait croire qu'avec un casting aussi grandiose - Naomi Watts, Glenn Close, Sarah Paulson, Teyana Taylor, Niecy Nash - All's fair ne pouvait être que géniale. Et comme tout le monde, on avait la curiosité de retrouver Kim Kardashian dans un premier rôle, de lui laisser une chance - loin du réflexe méprisant à la vue de son nom dans la distribution.

Hélas, la série de Ryan Murphy, sortie mardi 4 novembre sur Disney+, déçoit en tous points. Produite par le serial showrunner (Glee, Monstre, American Horror Story) et, entre autres, par Kris Jenner (mère de Kim Kardashian), le projet a été taillé sur mesure pour la star de téléréalité - future avocate si elle réussit ses ultimes examens - et n'a d'autre but que de mettre cette dernière en valeur.

"La pire série télévisée de tous les temps"

Elle a en tout cas le mérite de faire l'unaimité contre elle. On a rarement vu un tel concert de dénigrement. "C’est peut-être la pire série télévisée de tous les temps", assassine le Times, mettant, semble-t-il tout le monde d'accord.

La série, sans narration ni profondeur, peut se résumer ainsi: une bande de copines avocates hors sol, vêtements de luxe et bijoux clinquants, vivant dans des maisons immenses, et aux préoccupations improbables dont tout le monde se fiche pas mal. Rien de tel qu'une virée shopping en jet privé pour se consoler.

L'intrigue se déroule sur les collines de Los Angeles. Allura Grant (Kim Kardashian), Liberty Ronson (Naomi Watts) et Emerald Greene (Niecy Nash), lassées par le sexisme ambiant de leur cabinet d'avocats, décident de démissionner et d'ouvrir leur propre affaire. Spécialisées dans les divorces de luxe (et les affaires sordides), les trois associées deviennent - dix ans plus tard - une référence dans ce milieu d'hommes.

Tout s'effondre quand Allura Grant apprend que son mari Chase Munroe (Matthew Noszka) - éphèbe footballeur accro au sexe - la trompe, entre autres, avec la jeune recrue du cabinet Milan (Teyana Taylor) et une travailleuse du sexe trans Maria Koulatis (Hari Nef). Ce dernier prend, pour sa défense, l'ennemie jurée de son ex, Carrington Lane (Sarah Paulson) quand Allura Grant choisit sa mentor de toujours, Dina Standish (Glenn Close).

Ridicule à outrance

Toute ressemblance avec des faits ou des personnages réels… paraîtrait totalement incongrue. Dans ce cabinet, défilent des femmes blessées, trompées, malmenées face à des maris abusifs, intempérants, cruels. Ici, les divorces se règlent à toute vitesse et sans le moindre souci de réalisme.

Une septuagénaire du très chic Upper East Side trompe son milliardaire de mari? Elle volera - avec la complicité de son avocate, bien sûr - 40 millions de dollars de bijoux qu'elle revendra chez Christie's. Une jeune épouse, amoureuse de la femme engagée par son mari pour un plan à trois, demande le divorce? Elle repartira avec 210 millions de dollars grâce à des vidéos compromettantes montrant le goût de son ex pour les "tétons de truie" (oui).

Comble du ridicule - s'il n'a pas encore été atteint -, Allura Grant, souhaitant se venger de son ex, se précipite dans une clinique pour se faire implanter en secret les embryons congelés du couple, falsifiant ainsi la signature de celui-ci. Car oui, quoi de mieux que de porter les enfants d'un mari infidèle duquel on veut divorcer?

Symbole (soi-disant) d'un empowerment et d'un féminisme glamour et chic, en réalité vain et dénué de tout engagement, la série n'est rien d'autre qu'un immense vide - sorte de publicité géante pour marques de luxe dans laquelle Ryan Murphy a inséré ses fantasmes les plus inavouables.

Comment le scénariste a-t-il pu embarquer une distribution aussi prestigieuse dans une production aussi médiocre? Car même là, rien n'est à sauver. Face à des performances gonflées de surenchères (Sarah Paulson en tête dans sa pire interprétation), le jeu - sobre pour ne pas dire impassible - de Kim Kardashian atteindrait (presque) une forme de justesse. Seuls trois épisodes sont sortis sur la plateforme et on en vient difficilement à bout. All's Fair peut-être, mais rien ne va, c'est sûr.

All's Fair, avec Kim Kardashian, Naomi Watts, Glenn Close, Sarah Paulson, Teyana Taylor, Niecy Nash. Réalisée par Ryan Murphy, et disponible sur Disney+ depuis le 4 novembre.