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Pour Jafar Panahi, le peuple iranien "sans défense" a besoin de la communauté internationale

BFM C.L avec AFP
Le réalisateur et dissident iranien Jafar Panahi recevant la Palme d'or au Festival de Cannes le 24 mai 2025 pour son film "Un simple accident"

Le réalisateur et dissident iranien Jafar Panahi recevant la Palme d'or au Festival de Cannes le 24 mai 2025 pour son film "Un simple accident" - Valery Hache

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d'or du festival de Cannes 2025, a dénoncé la repression des manifestants dans le pays qui a fait au moins 600 morts selon l'ONG Iran Human Rights.

La répression des manifestations en Iran frappe un peuple "sans défense" qui a besoin du soutien de la communauté internationale pour "en finir" avec le pouvoir en place, a affirmé ce mardi 13 janvier le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d'or du festival de Cannes de 2025, au micro de la radio France Inter.

"Le peuple iranien est sans défense aujourd'hui et malgré tout ça, il est dans les rues", a salué le cinéaste en dénonçant la brutalité de la répression.

Au moins 648 morts

Ce mouvement de contestation de la part du peuple iranien, initialement lié au coût de la vie, défie à présent ouvertement le pouvoir. Il survient dans un pays affaibli par la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025 et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire, rétablies en septembre par l'ONU.

Face à l'un de ses plus grands défis depuis la proclamation de la République islamique en 1979, le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale des communications internet depuis le 8 janvier.

Ce lundi 12 janvier, à l'appel du président Massoud Pezeshkian, des milliers d'Iraniens ont ainsi envahi la place de la Révolution, au cœur de Téhéran, brandissant le drapeau de la République islamique, en signe de soutien au pouvoir et pour rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations, selon les images diffusées par la télévision d'Etat.

Dans le même temps, l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 648 manifestants et environ 10 000 arrestations. Mais la réalité pourrait être bien plus noire, craint IRH, évoquant des rapports pour l'heure non confirmés allant jusqu'à 6.000 morts.

L'Iran se dit prêt à négocier

De son côté, Donald Trump a annoncé ce lundi que tout pays commerçant avec l'Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis. Le président américain avait plusieurs fois menacé de "frapper très fort" dans le pays en cas de répression sanglante, mais n'est pas passé à l'acte.

"Les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé lundi à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".
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Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmé que son pays "ne cherchait pas la guerre", mais y était "tout à fait préparé", tout en laissant la porte ouverte à des négociations.

Le fils de l'ancien chah d'Iran, chassé du pouvoir en 1979, et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a quant à lui exhorté sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à "se tenir aux côtés du peuple". Dans une interview sur CBS News, il a mis en garde contre un pouvoir iranien qui "tente de duper le monde en faisant croire une nouvelle fois qu'il est prêt à négocier".