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Rixe mortelle à Paris: ce que l'on sait des suspects, tous mineurs et déjà connus de la justice

BFM Mélanie Hennebique
Plusieurs mineurs ont été mis en examen après la mort d'un adolescent de 16 ans lors d'une rixe survenue le 17 décembre dans le 13e arrondissement de Paris.

Plusieurs mineurs ont été mis en examen après la mort d'un adolescent de 16 ans lors d'une rixe survenue le 17 décembre dans le 13e arrondissement de Paris. - STEPHANE DE SAKUTIN

Six mineurs ont été mis en examen le dimanche 22 décembre, cinq jours après la rixe mortelle ayant provoqué la mort d'un adolescent de 16 ans dans le 13e arrondissement.

Le 17 décembre, aux environs de 8 heures, une bande d’une dizaine d’adolescents s’est affrontée à proximité du lycée Rodin, dans le 13e arrondissement, rue Corvisart. Un jeune de 16 ans, Abass, a été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire après avoir reçu un coup de couteau à la tête. Il n’a pas survécu à ses blessures malgré l'intervention du SAMU.

• Des mineurs déjà connus de la justice

Stéphane S., un adolescent né en 2008 au Cameroun, a été interpellé sur place avant d’être mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire deux jours plus tard. Il avait été placé sous contrôle judiciaire le 16 octobre 2024, pour des faits de vol commis avec violence en réunion.

Le 20 décembre, six mineurs impliqués dans ces violences ont été interpellés par la sûreté territoriale. Le 22 décembre, ils étaient tous mis en examen. L'un d'eux, appelé Sami E., né en septembre 2008, pour assassinat. Il a également été placé en détention provisoire. Le jeune homme était déjà connu de la justice dans le cadre d’une alternative aux poursuites pour vol.

Un autre adolescent, né en juillet 2008, a été mis en examen pour violences avec arme n’ayant pas entraîné d’incapacité de travail. Il avait déjà été condamné à 2 mois de prison avec sursis le 4 novembre 2024 pour des violences aggravées par trois circonstances.

Les quatre autres mineurs ont été mis en examen pour participation à un groupement formé en vue de violences contre les personnes. Ils avaient tous déjà été interpellés pour violences en réunion ou aux abords d’un établissement scolaire.

• Des menaces proférées sur les réseaux sociaux

Au cours de leur enquête, les forces de police ont découvert des échanges sur les réseaux sociaux constitués de menaces à l'encontre de la victime, quelques jours avant sa mort.

Ils ont aussi découvert des échanges similaires de la part de la victime et de ses amis à l'encontre de Stéphane S., menacé d'être attendu au pied de chez lui.

En toile de fond, une tension entre plusieurs membres de “quartiers”. Sami E., domicilié dans le 13e arrondissement, est désigné du côté du “quartier Glacière”, tandis que les cinq autres mineurs, qui habitent dans le même arrondissement, sont plutôt du côté du “quartier Amiral Mouchez”.

Ces tensions repérées en ligne se sont alors traduites par de véritables actes de violences. D'après les investigations, les mineurs présents lors de la rixe survenue le 17 décembre, des deux côtés, étaient porteurs d'au moins un tournevis, d'une gazeuse et de deux couteaux.

• Une recrudescence de la violence et un phénomène de bande

Cette rixe mortelle contribue à mettre en lumière une intensification des violences chez les adolescents qui forment des bandes. A Paris, elles sont généralement localisées dans le 17e, le 13e, le 15e, le 19e et le 20e arrondissement.

En 2024, 63 personnes ont été blessées et deux sont mortes à la suite de ces affrontements. Dans la moitié des cas, la présence d’armes blanches est constatée et les personnes interpellées ont moins de 16 ans.

L’événement qui s’est déroulé le 17 décembre a aussi mis en relief le port du couteau chez les adolescents, qui n’hésitent pas à s’armer pour gérer les rivalités entre quartiers et se protéger. “C’est soit toi soit lui”, confiait un jeune à l’AFP. D’après des policiers interrogés, il existe “une libération du geste” de poignarder quelqu’un d’autre.