BFM

Présidentielle: Sciences Po Paris appelle "à faire battre Marine Le Pen"

BFM G.H. avec AFP
L'entrée de SciencesPo

L'entrée de SciencesPo - BERTRAND GUAY / AFP

Le Conseil de l'Institut, réunissant des professeurs et des étudiants, a expliqué dans un texte que son "rôle" était d'appeler à battre la candidate du RN, prenant position pour la première fois lors d'une élection présidentielle.

Le Conseil de l'Institut de Sciences Po Paris, qui réunit professeurs, étudiants et salariés, a pris mercredi une position inédite dans son histoire avant un second tour d'élection présidentielle, appelant "à faire battre Marine Le Pen" dimanche.

"Notre université a toujours promu les valeurs de liberté, d'ouverture sociale et internationale, d'humanisme et fait des libertés académiques un cadre d'action fondamental", explique un texte du Conseil de l'Insittut de Sciences Po, publié sur le site internet de l'institution.

"Dans les éléments d'identité de Sciences Po, il y a cette ouverture-là, le fait qu'on est attachés à l'Etat de droit, aux principes de la Constitution de 46, au rôle du Conseil constitutionnel, au principe de non-discrimination, à la promotion du pluralisme des valeurs de la République", a souligné auprès de l'AFP le directeur de Sciences Po, Mathias Vicherat.

Une prise de position inédite

Le Conseil de l'Institut "a considéré qu'au regard de tous ces éléments d'identité, il était de notre rôle d'appeler à battre Marine Le Pen", a-t-il poursuivi. "C'est la première fois que Sciences Po prend, en tant qu'institution, au niveau du Conseil de l'Institut, une position comme celle-ci, puisque ça n'a pas été le cas en 2002 et en 2017".

"Je pense que c'est lié notamment au risque cette année plus grand qu'en 2002 et 2017, qui justifie d'une certaine manière une forme de sortie du principe de réserve", a insisté Mathias Vicherat.

Selon l'Institut de Sciences Po, "les méthodes d'intimidation et de menaces de l'extrême droite sont actuellement légion, à l'image des intimidations subies par les étudiants de Nancy mercredi 13 avril et de l'attaque d'étudiants manifestant pacifiquement devant le 27 rue Saint-Guillaume, jeudi 14 avril après-midi, par des individus se réclamant de Génération Zemmour, de la Cocarde étudiante et de la branche nationale du syndicat UNI".

L'accès au bâtiment bloqué jeudi dernier

Environ 150 étudiants ont bloqué l'accès à Sciences Po Paris jeudi dernier, avant d'être chassés par des militants d'extrême droite.

Qualifiant ces méthodes d'"intimidations et menaces", Mathias Vicherat a indiqué à l'AFP que Sciences Po allait "prendre des dispositions disciplinaires contre certains organisateurs de la partie se revendiquant de l'extrême droite, qui sont des étudiants de Sciences Po". "Je n'accepte pas cette forme d'échanges entre étudiants", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, France Universités, qui représente 116 établissements d'enseignement supérieur et de recherche, a aussi appelé dans un communiqué "à voter contre l'extrême droite le 24 avril", évoquant "un choix crucial pour les cinq prochaines années".

Le programme de Marine Le Pen "va à l'encontre de notre vision de la société française", ajoute le communiqué.