Nanterre: l'université occupée depuis une semaine en soutien aux "sans-fac"

"Et on ira, et on ira, et on ira jusqu'aux inscriptions!". À Nanterre, les applaudissements, les danses et les chants qui résonnent sur le campus. Des étudiants de l'université sont mobilisés depuis mercredi dernier en soutien aux "sans-fac", 61 étudiants qui n'ont pas obtenu d'affectation depuis la rentrée, il y a de cela un mois et demi.
Les syndicats étudiants, menés par l'Unef, occupent deux étages de la tour présidentielle de l'université. Sur la devanture, une banderole résumant les raisons de leur combat a été fixée: "Étudier est un droit, pas un privilège", peut-on lire. Des sacs de vivres sont hissés jusqu'aux occupants à l'aide d'une corde pour les aider à tenir.
"J'ai validé ma licence en L3 avec une très bonne moyenne, témoigne Alexandra, aujourd'hui à la recherche d'un master, au micro de BFM Paris. J'ai eu environ 14 refus, dont 10 du rectorat, en ayant fait un recours. Je me sens vraiment rejetée. Je ressens une profonde injustice, beaucoup de tristesse et d'angoisse."
Le soutien d'enseignants
Victor, membre de l'Unef, fulmine: "Après l'année catastrophique que les étudiants ont eue, où tu as des étudiants qui ont mis fin à leurs jours, qui ont décroché, comment c'est possible qu'on accepte que quelques-uns restent sans affectation?, s'interroge-t-il. On a des candidats, par exemple, qui ont fait leurs trois années à Nanterre, qui ont galéré pour valider leur licence, qui l'ont eue, parfois haut la main, et qui n'ont aucune affectation. C'est juste une dinguerie."
Les étudiants en détresse peuvent compter sur le soutien de leurs camarades, d'associations, ou encore d'enseignants. Des syndicats extérieurs aussi se sont mêlées au mouvement.
"Un droit inaliénable"
"On ne peut pas croire à un seul moment, alors que cette université comporte plus de 30.000 étudiants, qu'elle ne peut pas inscrire 61 personnes, déplore Gaël Ouirante, membre de Solidaires 92. Le droit à l'éducation, c'est un droit inaliénable. Il n'est pas négociable."
Les syndicats ont émis il y a peu une proposition de compromis au président de l'université, visant à accueillir la majorité des étudiants demandeurs à Nanterre et à accorder aux autres une place dans une autre faculté. Ils n'ont reçu aucune réponse à ce jour.
La problématique des "sans-fac" s'était déjà posée à Nanterre ces dernières années. En 2018, les locaux de la présidence avaient d'ores et déjà été occupés. L'université s'était finalement engagée à débloquer des places pour plusieurs dizaines d'étudiants.











