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Crack à Paris: dealeurs et consommateurs font leur retour à La Villette

BFM Maxime Cliet-Ruzza, Coline Chambolle et Johan Cherif avec Mathias Fleury
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Moins d'un an et demi après l'évacuation du square Forceval de La Villette, les consommateurs et les dealeurs de crack ont déjà fait leur retour, au grand dam des riverains et des commerçants.

Évacués sur ordre de Gérald Darmanin en octobre 2022, les consommateurs de crack font progressivement leur retour au square Forceval de La Villette. Et ce, malgré les forces de l'ordre qui effectuent des patrouilles régulières.

Un restaurant contraint de fermer

Résultat, la situation s'est de nouveau détériorée pour les habitants et les commerçants du quartier. A tel point que le restaurant Wafa, installé sur la place Auguste Baron, a dû fermer ses portes temporairement, après des menaces proférées par des individus drogués à l'encontre des salariés.

"Depuis quelques semaines, des vendeurs et usagers de crack se sont installés devant nos portes, surtout en journée. Nous faisons face à des dégradations, des agressions, des insultes, des installations sauvages et dangereuses", ont expliqué les propriétaires du restaurant sur ses réseaux sociaux.

"Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à être impactés (...) Des centaines de personnes passent chaque jour par cette place, et sont confrontés à la dangerosité des situations conflictuelles entre vendeurs, usagers et riverains", poursuit le communiqué, qui déplore l'aggravation du "sentiment général d'abandon des pouvoirs publics, et renforce le désert d'équipement et de services de proximité entre Quatre Chemins et Porte de la Villette".

Inquiétude des riverains

Pris dans l'impression d'un jour sans fin, résignation et amertume se mêlent chez les riverains. "Il y a des zones qui restent très insécurisées, donc on évite ces passages", explique Cécilia, habitante du quartier, qui renoue avec un sentiment d'inquiétude oublié depuis le départ des dealers et consommateurs de crack fin 2022.

"Moi, j'ai plus de la pitié. Je suis en colère, je me dis qu'il faut les aider, les mettre dans un centre, les soigner...", déplore pour sa part Marie-Rose.

"Ces personnes là m'ont repéré, dès que je passais j'étais victime de jets de bouteille. Une fois quelqu'un a tenté de me poignarder aussi", rappelle Stéphanie Benoist, porte-parole de l'association Villette Village. Elle déplore des toxicomanes "de plus en plus agressifs avec la population aux alentours".

Des effectifs de police renforcés

Pour tenter d'empêcher une nouvelle implantation durable des consommateurs et des trafics de drogue, la préfecture de police indique avoir renforcé les effectifs présents sur place, afin de multiplier les contrôles et interpellations.

L'opposition municipale demande quant à elle une réelle prise en charge des toxicomanes. "On a préconisé plusieurs solutions, comme créer des centres de soins, de prise en charge globale: médicale, sociale et psychologique, en dehors de la ville", assure Farida Kerboua, conseillère du 19e arrondissement au sein du groupe Changer Paris.

En attendant une solution pérenne, un arrêté interdisant aux consommateurs de crack de se réunir est toujours en vigueur. Il est cependant critiqué par les associations, qui estiment qu'il complique leur travail.