Plus de 30°C début avril: pourquoi ce pic de chaleur précoce est "spectaculaire"

Des températures estivales au début du printemps. Un pic de chaleur frappe la France jusqu'à la fin de ce samedi 6 avril, notamment le Sud-Ouest. Selon Météo-France, le mercure est monté jusqu'à plus de 31°C à Orthez (Pyrénées-Atlantiques) ce vendredi après-midi.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Biarritz a déjà connu sa première "nuit tropicale" de l'année, les températures ne descendant pas sous les 20°C. À titre de comparaison, la première "nuit tropicale" que vivait la ville basque en 2023 était celle du 7 au 8 juin.
"Du point de vue climatique, la chose intéressante à souligner est que la chaleur est portée par des vents qui soufflent de l’Afrique vers la France", a expliqué à BFMTV.com Davide Faranda, chercheur en climatologie au CNRS. "Une situation créée par une dépression située dans l’Atlantique Nord."
"Précoce" mais pas "isolé"
Ce phénomène météorologique sera à l'origine d'une nette augmentation des températures ce samedi sur une grande partie du pays. Les maximales dans le nord de l'Auvergne, le Centre-Val de Loire ou encore l'Île-de-France se situeront entre 25 et 29°C.
"La température à 1.500 mètres (altitude à laquelle nous nous référons en tant que météorologue) sera à plus de 20°C ce week-end, ce qui est vraiment exceptionnel pour la saison", a ajouté le climatologue Cyril Bonnefoi à nos confrères de La Dépêche.
De son côté, Météo-France insiste sur le caractère prématuré de ce pic de chaleur. "Sur la moitié nord, les 25 °C sont climatologiquement atteints entre le 20 avril et le 10 mai", écrit l'institut public sur son site.
Interrogé par BFMTV.com, Franck Baraer, climatologue de Météo-France basé à Rennes, souligne néanmoins que l'"événement météorologique est spectaculaire et précoce mais la situation n'est pas isolée".
"En mars 2021, il a fait jusqu’à 24°C à Rennes. Plus impressionnant encore, 30,2°C ont été enregistrés au Mans le 16 avril 1949", a-t-il mentionné.
Des phénomènes plus intenses?
Même si d'autres épisodes exceptionnels ont déjà eu lieu par le passé, Météo-France rappelle que les 30°C sont franchis en France entre la mi-mai et la fin juin. Par exemple, à Mont-de-Marsan (Landes), si cette barre symbolique a été dépassée le 29 mars 2023, la moyenne se situe autour du 29 mai.
D'après le chercheur Davide Faranda, le réchauffement climatique, qui n'a pas de lien direct avec le phénomène météorologique de ce week-end, fera grimper les températures maximales lors de ces pics de chaleur, à n'importe quel moment de l'année.
"Ce que l'on sait, c'est que même à fréquence égale, il y aura une augmentation de l'intensité de ces phénomènes en termes de température atteinte, car les émissions de gaz à effet de serre réchauffent l'atmosphère", a-t-il assuré.
Il a ajouté: "Ce réchauffement, actuellement très intense sur l'Atlantique et en Afrique saharienne, remonte vers l'Europe dans les conditions météorologiques citées, ce qui permet d'atteindre des records de température."
Les pics de chaleur seraient ainsi de plus en plus précoces. Une thèse partagée par Vincent Dubreuil, professeur de géographie à l'université Rennes 2 et co-président du Haut Conseil breton pour le climat.
Alors qu'il attend des "études précises" sur un lien avec le changement climatique, le spécialiste a déclaré à BFMTV.com: "C'est compatible avec ce qu'on attend comme manifestations du changement climatique: pas seulement des vagues de chaleur plus intenses (comme en 2022) mais aussi des pics de chaleurs tardifs (comme en 2023) ou plus précoces (comme cette année)."












