Aucun des 30 looks présentés n'existe physiquement: le couturier Alexis Mabille présente une collection de haute couture générée par IA, sans vêtements ni mannequins
Alexis Mabille, 2024 - EMMANUEL DUNAND
Sans podium ni vêtements physiques, le couturier Alexis Mabille a dévoilé, en pleine Fashion Week à Paris, une collection de haute couture intégralement modélisée par l’intelligence artificielle. Un projet développé pendant six mois et une première mondiale.
"L'IA est une assistante, mais pas une assistante créative."
Développée pendant près de six mois avec des spécialistes, la collection haute couture griffée du couturier français Alexis Mabille a été conçue sur mesure et dévoilée, ce mercredi 28 janvier, à travers un film immersif.
"C'est une première mondiale", a assuré à l'AFP le styliste à l'issue du show présenté dans un couloir d'écrans du Lido.
"J'ai travaillé comme d'habitude, j'ai dessiné mes vêtements, choisi mes tissus, j'ai dessiné mes broderies, fait mon moodboard" explique Alexis Mabille, avant que l'IA ne prenne le relais pour modéliser l’ensemble. D'ailleurs, certaines silhouettes ont nécessité "300 à 350 opérations" sur différentes plateformes, souligne-t-il.
Contrairement aux usages habituels de l'IA, souvent utilisée pour générer formes ou images, ici "on l'a fait travailler pour nous", précise le créateur.
"L'IA est une assistante, mais pas une assistante créative. Elle fait partie d'une équipe dans un atelier, mais elle n'est là que dans la réalisation."
Des mannequins virtuels, mais des vêtements pensés pour exister
Un gain de temps certes, mais aussi d'argent... car ici, aucun des trente looks présentés n'existe physiquement, tout comme les mannequins qui les portent, à l'exception de la première silhouette, clone numérique de son amie Diana Gartner, et de la dernière, qui représente la mère du créateur, Mireille, rajeunie pour l'occasion.
Toutes les pièces ont néanmoins été pensées pour être "réalisables". "Si l'image est belle mais qu'on n'est pas capable de fabriquer le vêtement derrière, ça n'a aucun intérêt", insiste-t-il.

Derrière le dispositif technologique, Alexis Mabille revendique une collection "intemporelle", pensée comme un "arc‑en‑ciel de personnalités, de couleurs et de matières".
Les couleurs dominent — rouges, bleus, jaunes, pastels — et les silhouettes sont élégantes, entre smokings ajustés et longues robes du soir. Deux tenues dénotent particulièrement: une robe "pensée comme un grand jogging" et un tailleur avec une veste à capuche drapée d'une longue cape, le tout dans des tons rose pastel.
"Les robes du soir, ce n'est pas forcément que du tapis rouge. On a des clientes de toute génération, et c'est bien de montrer qu'on est à l'aise", assure le couturier.











