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"Pour faire peur, ils ont laissé les traces de sang": des Iraniens ayant fui leur pays racontent la répression des autorités

BFM Camille Fournier avec Sophie Cazaux
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Maya et Sorush, deux Iraniens ayant fui leur pays face à la répression des manifestations qui a fait des milliers de morts, ont témoigné au micro de BFMTV. Ils racontent comment les autorités font en sorte de maintenir la peur dans la population.

Face à l'ampleur de la répression des manifestations en Iran, qui a fait des milliers de morts selon une ONG, Maya et Sorush* viennent de fuir leur pays. Ils ont témoigné, de manière anonyme, auprès de BFMTV pour raconter la situation en Iran, des déclarations rares alors que les autorités coupent Internet depuis le 8 janvier, selon l’organisation NetBlocks.

"Depuis 7 heures samedi dernier, les téléphones ont été coupés dans tout le pays, on ne pouvait passer aucun appel, même en interne. On entendait de manière très claire des salves de tirs depuis la maison, des explosions massives de mortiers toute la journée. Et dimanche matin, on a pu constater les dégâts", raconte Maya au micro de BFMTV.

Des manifestations liées au coût de la vie ont éclaté en Iran le 28 décembre, devenant un mouvement de contestation du pouvoir parmi les plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Une répression pour "terrifier les gens"

Au moins 3.428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, qui évoque "un nombre minimum absolu" et fait état de plus de 10.000 arrestations.

"On sentait l'odeur de la fumée, on voyait que ça brûlait un peu partout", décrit Sorush.

"Pour faire peur à la population, ils ont laissé les traces de sang des gens qui ont été tués ou blessés dans la rue. Ils laissaient quelqu'un sur place pour surveiller les corps et que personne n'y touche. Tout cela pour terrifier les gens", ajoute-t-il.

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Les autorités iraniennes ont violemment condamné les "émeutiers", les accusant d'être soutenus par Israël et les États-Unis, et ont promis une justice expéditive qui, selon les militants, pourrait se traduire par une vague d'exécutions.

Menaces américaines

Jeudi, la vie était revenue à la normale à Téhéran, selon un journaliste de l'AFP sur place. Aucune manifestation d'ampleur n'a été signalée dans le pays depuis plusieurs jours.

La Maison Blanche a assuré jeudi que l'Iran avait renoncé à 800 exécutions de manifestants prévues la veille, mais "toutes les options restent sur la table côté américain", a ajouté sa porte-parole, Karoline Leavitt. Cette dernière a précisé que le président américain avait averti Téhéran de "sérieuses conséquences" si la répression du mouvement de contestation continuait.

Depuis le déclenchement de la mobilisation, Donald Trump a multiplié les menaces d'intervention contre Téhéran, avant d'affirmer mercredi avoir été informé "par des sources très importantes" que "les tueries ont pris fin" et que les exécutions prévues de manifestants n'auraient "pas lieu".

*Les prénoms ont été modifiés.