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"Je travaillais caché": de retour de Moscou, notre reporter témoigne

BFM Cédric Faiche avec Emilie Roussey
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De retour de Moscou, Cédric Faiche explique avoir eu du mal à trouver le mot "guerre", qui est interdit en Russie où les autorités parlent d'une "opération militaire spéciale" en Ukraine.

De la méfiance, de la paranoïa et de la pression. Notre reporter de retour de Moscou a partagé les conditions dans lesquelles il a travaillé en Russie, où les informations diffusées sur la guerre menée en Ukraine sont strictement contrôlées.

"J'ai bien vécu, je n'étais pas en danger, ça n'a rien à voir avec ce que vivent les journalistes en Ukraine" a assuré sur notre antenne Cédric Faiche, qui a aussi décrit "une forme de pression" ressentie au quotidien.

"On m'a dit d'être méfiant, il y a de la paranoïa parce qu'on a tous en tête les films, avec les micros et les caméras dans les chambres" a-t-il reconnu, ajoutant qu'il y a "un vrai risque quand même" à travailler en tant que journaliste en Russie dans ce contexte de guerre.

"Je travaillais caché [...] je n'avais pas le droit de parler à l'antenne, notamment de la guerre, c'est un mot que j'ai encore du mal à trouver d'ailleurs" a témoigné Cédric Faiche.

Le mode de vie des Moscovites "dégradé" par les sanctions

Le reporter a également expliqué avoir vu le mode de vie des Moscovites se "dégrader" avec l'application des sanctions économiques. "Ils ne vont plus chez Ikea, Uniqlo ou H&M et les médicaments commencent à manquer, mais ils se sont préparés, depuis la Crimée en 2014 et les premières sanctions" a-t-il rappelé. Quant aux Russes habitant à l'extérieur de la capitale, "ils ne verront pas de différence, il manque de tout, tout le temps" ont estimé certains Moscovites rencontrés.

Cédric Faiche a aussi eu l'occasion de voir certains gestes manifestant une opposition à la guerre en Ukraine, comme le dessin du symbole de la paix tracé au sol.

"Je l'ai pris en photo car ça m'a marqué. [...] Celui qui a fait ça a pris le risque de prendre une amende de 300 euros ou 15 ans de prison, parce qu'un symbole de paix ça veut dire qu'il y a la guerre" a souligné notre journaliste, alors que les médias locaux parlent seulement, selon l'expression imposée par les autorités, "d'une opération militaire spéciale".