"Nous sommes des esclaves": le Premier ministre belge appelle l'Europe à "se réveiller" face à Donald Trump
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, le 26 août 2025 à Berlin. - POOL / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP
Au Forum économique de Davos en Suisse ce mardi 20 janvier, Bart De Wever, Premier ministre belge, a appelé l'Europe à ne pas céder aux exigences de l'administration Trump, alors que le président américain augmente la pression sur le vieux continent en menaçant de nouveaux droits de douane ou encore en répétant son intention de s'approprier le Groenland, territoire danois.
"Jusqu’à présent, nous avons essayé d’apaiser le nouveau locataire de la Maison-Blanche", a déclaré Bart De Wever lors d'une discussion avec d'autres dirigeants européens. "Nous avons été très conciliants, notamment sur les droits de douane, dans l’espoir d’obtenir son soutien pour la guerre en Ukraine", affirme le Premier ministre belge.
À Davos, Bart De Wever s'est dit choqué de l'attitude américaine vis-à-vis de l'Ukraine. Et d'ajouter que les États-Unis ne sont "pas un allié" de l'Occident.
"Être un partenaire docile est une chose, être un esclave misérable en est une autre", a souligné le chef du gouvernement membre du parti nationaliste flamand conservateur N-VA. Selon Bart De Wever, l'Europe "doit décider, de s'unir ou d'exploser". Pour lui, le vieux continent ne doit pas perdre sa "dignité" qui, "est la chose la plus précieuse que l’on puisse avoir dans une démocratie."
"Il est temps de se réveiller, nous devons avoir nos propres plateformes technologiques pour construire la prospérité de demain. Si ce n'est pas le cas, Trump peut se jouer de nous. Il peut nous rendre esclaves car nous sommes des esclaves. Et nous devrons prendre pour acquis tout ce qu'il fait", a-t-il averti, appelant aussi à ne pas annuler les alliances actuelles mais à en chercher de nouvelles.
"Tellement de lignes rouges ont été franchies"
Le Premier ministre belge admet que jusqu'à aujourd'hui, l'Europe était dans une "position très difficile". Sa dépendance aux États-Unis l'aurait poussée à être très indulgente pour "apaiser le locataire de la Maison-Blanche." Néanmoins, Bart De Wever soutient qu'aujourd'hui, "tellement de lignes rouges ont été franchies" qu'il faut dire stop à Donald Trump.
Citant l'intellectuel italien Antonio Gramsci, le Premier ministre a également affirmé: si le vieux monde se meurt et le nouveau tarde à naître, vous vivez dans un monde de monstres. C’est à lui (Trump, NDLR) de décider s’il veut être un monstre".
Le chef du gouvernement belge a également indiqué qu'il rencontrera ce mercredi 21 janvier Donald Trump, avec Philippe, le roi des Belges. Il a précisé que cette réunion avait été organisée avant "l’affaire du Groenland".
Les récentes menaces du président américain, donneront "un caractère différent à cette rencontre". Il a également assuré qu'il ne manquerait pas de dire à Donald Trump qu'il "franchit les lignes rouges".
"Soit nous nous sommes solidaires, soit nous sommes divisés et si nous sommes divisés, c'est la fin d'une ère de 80 ans d'Atlantisme", a-t-il ajouté.











