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"Il y a des gens qui étaient là depuis deux, trois ans": un Français raconte sa détention par l'ICE aux États-Unis

BFM Fanny Rocher
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Alors que la police de l'immigration a fait deux victimes ces dernières semaines à Minneapolis, ses méthodes brutales sont de plus en plus décriées outre-Atlantique. Julien Pereira, 26 ans, a habité six ans aux États-Unis et a été détenu pendant un mois par l'ICE. Il témoigne d'un climat de "peur" que font régner les agents.

"J'ai eu du mal à comprendre, tout va tellement vite". En mars dernier, Julien Pereira, 26 ans, s'apprête à quitter les États-Unis pour rentrer en France. Ancien joueur de tennis universitaire, il a étudié plusieurs années dans le pays de l'oncle Sam et y a travaillé un an. Sauf qu'en voulant passer la frontière canadienne, le jeune homme est interpellé.

Son employeur, qui devait s'occuper de son visa, lui a menti et il se retrouve donc illégalement sur le territoire américain. "On m'a posé des questions, on m'a demandé pourquoi j'étais ici", relate Julien sur le plateau de BFMTV.

"On m'a expliqué que mon employeur avait déconné au niveau des papiers et on m'a mis en détention trois jours en solitaire parce que les papiers n'étaient pas bons, mon employeur m'a menti", raconte-t-il encore. "Après la décision du juge, on m'a transféré vers l'ICE (la police de l'immigration américaine, NDLR) où j'ai fait un mois de détention."

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"Je n'ai pas pris de douche, j'avais très peu de nourriture"

Pendant ses trois jours de solitaire avant son transfert, le Français raconte avoir demandé à contacter l'ambassade, ainsi que son avocat. "Ils m'ont dit non", se souvient-il.

"Pendant les trois jours, je n'ai pas pris de douche, j'avais très peu de nourriture, je dormais par terre", explique-t-il.

Julien Pereira est donc transféré dans un centre de détention tenu par l'ICE. "On est transférés dans des conditions pas tops, on est menottés, aux mains, à la hanche, aux pieds."

Commence alors un mois de détention aux mains de cette police de l'immigration, dopée sous l'administration de Donald Trump et dont les méthodes brutales sont de plus en plus contestées. Deux Américains sont morts ces dernières semaines à Minneapolis, aux mains de ces agents.

"Celui qui dit qu'il n'a pas peur, il se ment à lui-même"

"Il faut attendre, on passe devant des juges. Je devais passer au bout de 15 jours devant un juge pour sortir sous caution, mais j'ai été transféré dans une autre prison", ajoute le jeune homme. À ses côtés dans le centre de détention, des migrants en situation illégale, des Mexicains, des Ouzbeks, des Érythréens. "Il y avait toutes les nationnalités", se rappelle-t-il.

Le jeune homme raconte le climat de peur que font régner les agents de l'ICE. "Celui qui dit qu'il n'a pas peur, il se ment à lui-même (...) On ne sait pas quand on va sortir. Il y avait des gens qui étaient là depuis deux, trois ans."

Après un mois de cauchemar, le Français est libéré après avoir payé une caution de 5.000 dollars. Mais il est relâché à la frontière avec le Mexique, soit très loin de là où il résidait. Et surtout, l'ICE lui a confisqué tous ses papiers d'identité. Grâce à l'aide d'une association, il est enfin parvenu à regagner l'Hexagone. "J'ai perdu sept kilos en un mois", conclut-il.