INFOGRAPHIES. Ils vivent dans des appartements plus grands de 25 mètres carrés en moyenne: les propriétaires restent mieux lotis que les locataires en France

Les conditions de vie entre locataires et propriétaires connaissaient toujours un certain écart en France en 2024, observe l'Insee dans sa dernière grande étude sur le logement publiée mercredi. Alors que la répartition des ménages par type d'habitat est restée relativement similaire en dix ans (la majorité des Français est propriétaire), certains facteurs ont en revanche évolué.
Des maisons plus grandes qu'il y a douze ans, la surface des appartements reste stable
Une première tendance se dessine: la surface moyenne totale des résidences principales a globalement augmenté en dix ans, avec 92,5 m² par ménage en 2024, contre 90,6 m² en 2013. Dans le détail, les maisons, qui représentent la majorité des résidences principales, font en moyenne 116 m² en 2024, une surface là aussi en hausse par rapport à 2013 (111 m²).
"Les propriétaires ont des maisons plus grandes que les locataires: parmi les ménages vivant dans une maison, 63% des propriétaires vivent dans une maison de 5 pièces ou plus, contre 33% des locataires du parc privé et 23% seulement des locataires du parc social", souligne l'Insee.
À l’inverse, la surface des appartements est stable depuis 2013, avec une moyenne de 63 m². Près de 40% d'entre eux disposent d'une ou deux pièces. Il existe, là aussi, des disparités entre locataires et propriétaires. Ces derniers logent dans des appartements en moyenne plus grands (77 m²) que les locataires du parc privé (52 m²) comme social (64 m²). On peut remarquer une différence de surface entre les deux types de location : cela "reflète essentiellement des différences de composition des ménages, la surface moyenne par habitant étant équivalente dans les deux parcs locatifs", précise l'Insee.
La surface par habitant a elle aussi globalement augmenté en dix ans, avec 52 m² en moyenne en 2024. Mais là aussi, des disparités subsistent entre locataires et propriétaires : un quart des ménages en location disposent de plus de 50 m² par habitant, contre plus de 77 m² lorsqu’ils sont propriétaires. De même, un quart des logements ont une surface par habitant inférieure à 29 mètres carrés.
16% des ménages résidant en grands centres urbains vivent dans un logement surpeuplé
L'Insee souligne également un autre enjeu: le taux de surpeuplement atteint les 9% en moyenne en 2024 (en dehors des étudiants). Cela signifie que ces ménages vivent dans un logement qui comporte moins de pièces que le nombre théoriquement nécessaire (par exemple, 3 pièces pour un couple avec deux enfants de moins de 7 ans). Ou encore que le logement dispose de moins de 18 m² par personne.
"Cette situation est un peu plus fréquente pour les locataires du parc social ; ce sont en outre les seuls pour lesquels le taux de surpeuplement augmente entre 2013 et 2024. À l’inverse, il diminue légèrement pour les propriétaires", ajoute l'institut.
"Les ménages ayant des enfants sont plus souvent concernés par le surpeuplement : 43% des couples avec trois enfants ou plus sont dans cette situation, et 19% des familles monoparentales". La plupart des ménages concernés se situent dans des zones urbaines, densément peuplées. "La fréquence du surpeuplement croît avec la densité de la commune de résidence", relève encore l'Insee. Ainsi, 16% des ménages résidant dans les grands centres urbains vivent dans un logement surpeuplé, note l'institut.
Un tiers des ménages touchés par le prix des énergies et la difficulté à se chauffer
Le bruit touche également "beaucoup plus souvent les locataires que les propriétaires (29% contre 10%)", car ils vivent davantage en appartement et dans des communes denses. C'est d'autant plus valable pour les locataires du parc social (36%), contre 24% pour les locataires du parc privé. Le manque de lumière touche également 10% des ménages. Tandis que le coût des énergies et la difficulté à se chauffer concerne près d'un tiers des foyers.
"Les locataires sont, là aussi, davantage exposés à cette situation, écrit l'Insee. "42% sont concernés dans le parc privé et légèrement moins dans le parc social (40%). Néanmoins, 26% des propriétaires éprouvent aussi ce type de difficultés".
Un quart des ménages estiment, enfin, avoir des difficultés à rafraîchir leur logement l’été (dont la moitié est aussi concernée par les difficultés à chauffer leur logement l'hiver).












