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Protoxyde d'azote: la gérante d'une épicerie de nuit arrêtée pour trafic dans le Nord

BFM Grand Lille Charlotte Lesage
Des capsules de protoxyde d'azote, ou "gaz hilarant", le 10 mai 2022 à Lille. (illustration)

Des capsules de protoxyde d'azote, ou "gaz hilarant", le 10 mai 2022 à Lille. (illustration) - Denis Charlet

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Les investigations, dont la mise en place de nombreuses surveillances physiques, mais également l'exploitation des caméras de vidéosurveillance, ont mis en évidence un mode opératoire récurrent. 214 bonbonnes de protoxyde d'azote ont été découvertes lors de perquisitions.

L'épicerie de nuit accueillait un juteux et très organisé trafic. Le mardi 9 décembre, une jeune femme de 25 ans, gérante de la superette et soupçonnée d'être à la tête d'un trafic de protoxyde d'azote, a été interpellée et placée en garde à vue à Roubaix, annonce le procureur de la République de Lille dans une communiqué de presse, ce mercredi 24 décembre. Elle comparaîtra devant le tribunal en mai prochain.

L'activité de la gérante avait éveillé les soupçons après les signalements de plusieurs riverains auprès de la police municipale pour des troubles récurrents à l'ordre public, qu'ils imputaient à l'épicerie de nuit.

Un mode opératoire

"Sur la base de ces signalements, le parquet a ouvert une enquête préliminaire confiée à la brigade administrative du SLPJ de Roubaix en co-saisine avec l'Ursaf des chefs de travail dissimulé et de vente ou distribution de produits spécifiquement destinés à faciliter l'extraction de protoxyde d'azote pour en obtenir les effets psychoactifs", fait savoir le procureur de la République de Lille.

Les investigations, dont la mise en place de nombreuses surveillances physiques, mais également l'exploitation des caméras de vidéosurveillance, ont mis en évidence un mode opératoire récurrent.

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Les clients qui souhaitaient se procurer ces fameux produits, dans une ville où la municipalité a pris en juillet dernier un arrêté anti protoxyde d'azote, se présentaient à l'intérieur du commerce puis regagnaient leur véhicule. Une personne, qui provenait soit d'une des parties communes soit d'un appartement situé à proximité, allait alors directement à leur rencontre sur le parking pour leur remettre discrètement l'objet "sans échange d'argent apparent". "Il a également été constaté que plusieurs clients consommaient immédiatement le produit par inhalation", précise le parquet de Lille.

Les enquêteurs ont ainsi établi l'existence "d'un circuit logistique structuré entre un appartement servant de lieu de stockage, situé côté parking, et l'épicerie de nuit, utilisée comme interface commerciale". D'après les chiffres communiqués par cette même source, entre le 26 octobre et le 5 décembre, environ 982 cartons "susceptibles de contenir du protoxyde d'azote destiné à la vente" ont été livrés.

Plus de 200 bonbonnes de protoxyde d'azote

Un chiffre d'affaires d'environ 300.000 euros sur une période de dix ans a été découvert au cours de l'analyse des comptes bancaires de la société. Un volume "d'encaissements réguliers et significatifs" qui a confirmé "l'existence d'une activité économique réelle non déclarée auprès des organismes sociaux", indique le procureur de la République de Lille.

Les perquisitions menées dans le commerce, le domicile de la gérante, et dans le local de stockage ont permis la saisine de 13.265 euros d'argent liquide, de 214 bonbonnes de protoxyde d'azote d'un litre, 18 bouteilles de 3 litres et deux cartons contenant chacun 500 ballons de baudruche.

En garde à vue, la jeune femme de 25 ans a "reconnu le fonctionnement du dispositif de vente de protoxyde d'azote tel qu'observer lors des surveillances, ainsi qu'une part de chiffre d'affaires issue de cette activité", précise le parque de Lille. Elle a également admis les "faits de travail dissimulé".

Une procédure incidente a par ailleurs été ouverte après la découverte d'un serval au domicile de la jeune femme de 25 ans. Il a été pris en charge par la Ligue protectrice des animaux. Son commerce a quant à lui fait l'objet d'une fermeture administrative.