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SONDAGE BFMTV. Un profond malaise fiscal traverse le pays, 6 Français sur 10 estiment contribuer plus qu’ils ne reçoivent

BFM Business Frédéric Bianchi
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De l'argent public mal utilisé, des services publics qui se dégradent, un État trop dépensier et des Français qui estiment en avoir de moins en moins pour leur argent, c'est l'enseignement d'un sondage Elabe pour BFMTV. Deux postes de dépenses sont toutefois prioriétaires pour les Français: la santé et la sécurité.

La défiance des Français envers l’usage de l’argent public atteint un niveau rarement observé. Selon un sondage réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV ce mercredi 3 décembre, 87% des Français estiment que l’argent public est mal utilisé, dont près d’un sur deux juge qu’il est "très mal utilisé". Une perception massive, partagée dans toutes les catégories sociales et politiques, avec une sévérité particulièrement marquée chez les électeurs du RN et les foyers en difficulté financière.

C'est le pacte fiscal qu'ils remettent de plus en plus en question. C’est l’un des enseignements majeurs de l'enquête: 59% des Français ont le sentiment de contribuer davantage au système fiscal qu’ils n’en bénéficient, contre seulement 7% qui ont l’impression d’en profiter plus qu’ils ne contribuent. Une perception qui s’installe durablement et qui pourrait devenir un enjeu politique central dans les prochains mois.

Les Français vont-ils continuer à payer leurs impôts?
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La critique vise la manière dont les dépenses publiques sont présentées. 87% des Français estiment que l’État n’est pas suffisamment transparent sur l’utilisation de l’argent public. Pour plus d’un Français sur deux, cette transparence est même jugée "pas du tout" satisfaisante. Conséquence directe de cette défiance, le jugement porté sur les services publics est sévère. 62% des Français ne sont pas satisfaits de leur qualité et 66% estiment que les services publics se sont dégradés ces dernières années.

Dans le détail, les critiques les plus vives concernent:

• la justice (68% insatisfaits)

• l’entretien des routes (58%)

• les hôpitaux publics (57%)

• les services administratifs (55%)

• l’école publique (51%)

Seules les forces de l’ordre bénéficient d’une majorité de satisfaits (53%), un phénomène assez rare pour être souligné.

La santé et la sécurité en tête des priorités

Quand on interroge les Français sur les dépenses à augmenter, deux postes s’imposent très nettement :

• La santé (78%)

• La sécurité (66%)

Suivent l’éducation (63%), la justice (57%) ou encore les retraites (53%). À l’inverse, 44% des Français souhaitent réduire les dépenses dédiées à l’audiovisuel public, un niveau particulièrement élevé. Cette hiérarchie évolue par rapport à 2019: la demande d’augmenter les dépenses de défense (+ 23 points) et de sécurité (+15 points) a fortement progressé, alors que celle sur les retraites recule (-15 points).

Réduire le train de vie de l'État

Ce que les Français veulent surtout réduire c'est le fonctionnement de l’État. Lorsqu’il s’agit de faire des économies, les priorités sont très claires: 77% veulent réduire les dépenses liées aux cabinets de conseil, 75% celles du fonctionnement général de l’État et 70% celles de la communication publique. À l’inverse, 75% refusent de toucher au fonctionnement des services publics du quotidien et 73% aux projets d’infrastructures.

Pour améliorer l’efficacité de la dépense publique, les Français avancent enfin plusieurs priorités. D'abord réviser les avantages des anciens élus et hauts fonctionnaires (50%), lutter contre les gaspillages administratifs (46%), renforcer les contrôles pour éviter les surcoûts (46%). Lutter plus fermement contre la fraude fiscale et sociale (41%) est aussi important pour eux mais arrive un peu derrière dans leur ordre des priorités.

Échantillon de 1.000 personnes, représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession, région et catégorie d’agglomération. Interrogation par internet du 2 au 3 décembre.