Renault savoure pleinement l'accord entre l'UE et l'Inde car il compte y écouler son nouveau Duster après 5 ans d'absence (les droits de douane vont passer de 110 à 10% sur les voitures)

Renault s'est félicité, mardi, de l'annonce d'un accord commercial de grande ampleur entre l'Union européenne et l'Inde, qui vient conforter selon lui sa stratégie de développement sur le marché indien. Ce partenariat entre Bruxelles et New Delhi prévoit notamment un abaissement des droits de douane indiens sur les véhicules européens de 110 à 10%.
"Il montre la direction et cette capacité à travailler plus étroitement entre l'Europe et l'Inde, ce qui est pour nous une bonne nouvelle car nous sommes une entreprise pariant sur ces deux continents", a déclaré à Reuters Fabrice Cambolive, directeur général de la marque Renault.
Après presque cinq années d'absence du modèle sur le marché indien, Renault a révélé mardi un nouveau SUV Duster conçu notamment pour l'Inde afin d'y regagner des parts de marché et d'accélérer sa croissance hors d'Europe.

"L'Inde n'était peut-être pas la première des priorités ces quatre dernières années, mais elle le deviendra avec cette stratégie de rapprochement, de la force de nos effectifs sur place, du potentiel de croissance du marché et, bien sûr, du FTA ('l'accord de libre-échange')",a ajouté Fabrice Cambolive, également "Chief growth officer" de Renault Group.
L'accord, qui devrait être selon lui "bi-directionnel", renforcera la volonté de Renault d'investir sur les deux continents "parce que nous sommes d'une certaine manière une
entreprise indienne et européenne", a-t-il poursuivi.
Fabrice Cambolive a également confirmé que Renault préparait deux véhicules supplémentaires pour l'Inde, et que d'autres suivront d'ici 2030.
L'usine Renault de Chennai (Inde) continuera aussi de produire des voitures pour Nissan, partenaire historique du constructeur automobile français, mais Renault est ouvert à de nouveaux partenariats, a ajouté le directeur général de la marque au losange, citant en exemple les projets engagés avec le chinois Geely en Amérique latine et en Corée, ou avec l'américain Ford en Europe.
Accord sur l'automobile, le vin, les pâtes, le chocolat
Alors que les deux partenaires cherchent à se prémunir de relations plus délicates avec les Etats-Unis, ce rapprochement devrait permettre à l'UE de disposer d'un vaste accès au marché indien.
"Ce traité va offrir de nombreuses opportunités", s'est réjouit le Premier ministre indien Narendra Modi, avant même de rencontrer le président du Conseil européen Antonio Costa et son homologue de la Commission Ursula von der Leyen. Il "couvre environ 25% du produit intérieur brut (PIB) et un tiers du commerce mondiaux", a-t-il ajouté.
La présidente de la Commission de l'Union européenne (UE) Ursula von der Leyen a salué l'accord de libre-échange commercial, estimant qu'il allait permettre de créer un "zone de libre-échange de 2 milliards de personnes".
"L'Europe et l'Inde ont fait l'histoire aujourd'hui. Nous avons conclu l'accord de tous les accords", a-t-elle poursuivi.
En 2024, les deux parties ont échangé 120 milliards d'euros de marchandises - en hausse de près de 90% en dix ans - et 60 milliards d'euros de services, selon l'UE.












