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Le whisky britannique sera deux fois moins taxé en Chine mais Londres avance prudemment sur son accord avec Pékin de peur froisser Trump

BFM Business Frédéric Bianchi (avec Reuters)
Le Maccalan, dégusté par ce client chinois, est réputé comme étant le whisky préféré de James Bond.

Le Maccalan, dégusté par ce client chinois, est réputé comme étant le whisky préféré de James Bond. - Macallan

La Chine va réduire de moitié les droits de douane sur le whisky britannique, une décision annoncée lors de la visite de Keir Starmer à Pékin visant à renforcer les relations commerciales, tout en restant sous la vigilance des tensions avec les États-Unis.

La Chine prévoit d’abaisser de moitié les taxes douanières appliquées au whisky britannique, qui passeraient de 10% à 5%, a fait savoir le cabinet du Premier ministre Keir Starmer.

Selon Downing Street, cette mesure pourrait générer près de 250 millions de livres sterling (environ 345 millions de dollars) de retombées pour les exportateurs du secteur sur une période de cinq ans. En 2024, la Chine s’est classée comme le dixième débouché du whisky écossais en valeur, avec 161 millions de livres sterling d’exportations, d’après la Scotch Whisky Association.

L'industrie écossaise du whisky représente une exportation à forte valeur ajoutée que le Royaume-Uni s'efforce de promouvoir dans le cadre d'accords commerciaux. Un accord de libre-échange historique avec l'Inde, conclu l'an dernier, a initialement ramené les droits de douane de 150% à 75%, avant de les réduire à 40 % au cours de la prochaine décennie. Cependant, les efforts déployés jusqu'à présent pour réduire ou exempter cette industrie des droits de douane américains n'ont pas abouti.

La crainte de Donald Trump

Il y a un an, lors d'un dialogue financier qui s'est tenu à l'occasion de la visite de la ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, à Pékin, la Chine a accepté de renforcer les exigences en matière d'étiquetage du whisky écossais afin de mieux le protéger contre la contrefaçon et la falsification.

Cette annonce coïncide avec le déplacement de Keir Starmer à Pékin, une visite inédite pour un chef de gouvernement britannique depuis huit ans. Le Premier ministre souhaite relancer les échanges commerciaux avec la deuxième puissance économique mondiale et s’est entouré d’une délégation majoritairement composée d’entreprises du secteur des services.

Le ministre chinois du Commerce a indiqué à son homologue britannique que Pékin était disposé à accroître ses importations de biens et de services en provenance de Grande-Bretagne afin de développer une relation plus approfondie entre les deux pays.

Mais Keir Starmer avance avec prudence afin de ne pas froisser Donald Trump. Le président américain a récemment brandi la menace d’imposer des droits de douane de 100% sur les produits canadiens si Ottawa et Pékin venaient à conclure un accord commercial.

Ottawa avair signé la semaine dernière à Pékin un "accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane", selon les termes du Premier ministre canadien. Mais après la menace du président américain, Mark Carney, le Premier ministre canadien, a déclaré n'avoir "aucune intention" de conclure un accord de libre-échange avec la Chine à l'issue de sa visite du 16 janvier à Pékin