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Elle compte sur le gaz et les importations d'électricité nucléaire française: les énergies renouvelables ont stagné en 2025 en Allemagne à 58,8% de la consommation électrique

BFM Business ER avec AFP
L'an dernier, les énergies propres ont représenté 58,8% du mix énergétique allemand, soit 0,3 point de pourcentage de plus qu'en 2024.

L'an dernier, les énergies propres ont représenté 58,8% du mix énergétique allemand, soit 0,3 point de pourcentage de plus qu'en 2024. - -

La progression des énergies renouvelables dans le mix énergétique allemand a ralenti en 2025, pour atteindre 58,8%, révèle le régulateur allemand de l'énergie. La coalition au pouvoir soutient également la construction de centrales à gaz afin de préparer la sortie du charbon.

Du soleil, mais pas assez de vent pour faire tourner les éoliennes allemandes: la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité de l'Allemagne a quasiment stagné en 2025 malgré l'essor du solaire, selon le bilan annuel du régulateur allemand de l'énergie, publié lundi.

L'an dernier, les énergies propres ont représenté 58,8% du mix énergétique allemand, soit 0,3 point de pourcentage de plus qu'en 2024. Le verdissement de la production d'électricité marque donc le pas après de nets progrès réalisés depuis 2021, quand les sources renouvelables (éolien, solaire, hydraulique) constituaient 43% du total.

Des conditions météorologiques défavorables - notamment un vent faible au premier semestre - se reflètent largement dans ces chiffres, explique Konstantin Zerger, expert de l'ONG environnementale DUH.

Mais le changement de cap énergétique amorcé sous le chancelier Friedrich Merz, qui prône une politique énergétique plus flexible, pourrait également renforcer cette évolution.

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De nouveaux objectifs pour le gaz afin de préparer l'après charbon

La nouvelle coalition a en effet promis de réduire les subventions aux énergies vertes et de s'appuyer davantage sur la construction de centrales à gaz (avec un objectif de 20 GW d'ici à 2038) afin de compenser la sortie prévue du charbon à cet horizon. Le gaz a ainsi vu sa part augmenter l'an dernier selon le rapport, tout comme celle de la houille.

Malgré cela, l'éolien est resté la première source d'énergie allemande en 2025, avec 30,3% de l'électricité totale produite, contre 32% en 2024, selon le bilan annuel. Vient ensuite l'énergie photovoltaïque, qui a enregistré la plus forte progression cette année, grimpant de 14,7% à 16,9%.

"Cela s'explique principalement par une forte augmentation des capacités de production, de près de 10 gigawatts, ainsi que par un ensoleillement supérieur à la moyenne au printemps et en été", explique le bilan annuel.

Le solaire dépasse pour la première fois la part du lignite (charbon brun), qui a reculé de 16,4% à 15,3% l'an dernier.

Des importations d'électricité venant du Danemark et de la France

Néanmoins, la fédération du secteur, BSW, a demandé lundi au gouvernement d'"éviter absolument une détérioration du cadre règlementaire" pour le photovoltaïque, notamment des conditions de financement des installations solaires. La coalition allemande assure vouloir préserver les objectifs climatiques du pays, c'est-à-dire atteindre 80% d'énergies vertes dans la production d'électricité en 2030 et sortir complètement du charbon d'ici 2038.

En 2025, l'Allemagne est restée importatrice nette d'électricité, dépendante notamment du Danemark et du nucléaire français, mais a réduit l'écart avec ses exportations, ajoute le rapport.

Le pays a continué d’importer une quantité significative d’électricité depuis la France, reflet de l’interdépendance énergétique croissante au sein du marché électrique européen. Selon les premières estimation de RTE, l'Allemagne a reçu sur l'année dernière 26,2 TWh d'électricité française.

En 2024, les flux commerciaux montrent que l’Allemagne importait près de 15,7 TWh de France, représentant une part notable de ses échanges, alors que la tendance était moindre dans les années précédentes (par exemple en 2023 où les échanges commerciaux bilatéraux étaient proches de 8,8 TWh selon les statistiques disponibles).

Historiquement, avant la crise énergétique post-2021, l’Allemagne pouvait être exportatrice ou relativement équilibrée avec la France, mais les déficits de capacité et les prix ont encouragé des importations plus soutenues, en particulier depuis la fermeture de ses dernières centrales nucléaires et l’essor de la demande d’électricité à bas prix dans un marché européen intégré.