BFM Business

Le pays fabrique 2 fois moins de voitures que la France et a connu sa "pire année en une génération": le Royaume-Uni a vu sa production automobile plonger de plus de 15% en 2025

BFM Business Frédéric Bianchi (avec AFP)
Le groupe Jaguar Land Rover appartient au conglomérat Tata.

Le groupe Jaguar Land Rover appartient au conglomérat Tata. - JLR

En 2025, l’industrie automobile britannique a vécu sa pire année depuis une génération, avec une production en baisse de 15,5% à 765.000 véhicules, affectée par une cyberattaque, les tensions commerciales américaines et la transition électrique, malgré un objectif maintenu d’un million de véhicules produits d’ici 2027.

L'industrie automobile britannique a connu en 2025 sa "pire année en une génération", avec une production en chute de 15,5%, plombée par une violente cyberattaque contre Jaguar Land Rover et les incertitudes tarifaires américaines, mais vise toujours un million de véhicules produits d'ici 2027, a indiqué jeudi l'organisation sectorielle SMMT.

"2025 a été l'année la plus difficile depuis une génération pour la fabrication de véhicules au Royaume-Uni", a déclaré lors d'une rencontre avec la presse Mike Hawes, directeur général de la SMMT, qui met aussi en avant l'impact de la transition du secteur vers les voitures électriques pour expliquer ces chiffres.

Les usines, qui produisent principalement des marques à capitaux étrangers comme le géant japonais Nissan et Jaguar Land Rover, propriété de l'indien Tata Motors, ont sorti 764.715 véhicules l'an passé, en recul de 15,5% par rapport à 2024, selon les chiffres publiés jeudi par la SMMT.

A titre de comparaison, la France a produit dans les 12 usines que compte le pays près de 1,5 million de véhicules en 2025, en hausse de 8%, selon L'Usine Nouvelle. L'Hexagone produit près de deux fois plus de voitures que le Royaume-Uni.

Mais le niveau de production française est bien plus bas qu'avant le Covid toutefois où la barre des 2 millions de véhicules produits était régulièrement franchie.

Mais au Royaume-Uni, la situation est bien pire. En 2015 encore, juste avant le Brexit, les usines britanniques produisaient encore 1,8 million de véhicules par an. En une décennie, cette industrie a chuté de 58% en volume.

Trump et une cyberattaque

Le secteur a de plus été secoué en 2025 par les droits de douane du président américain Donald Trump, qui ont affecté les exportations britanniques vers la première économie mondiale.

Un accord commercial entre Londres et Washington a finalement réduit les taxes douanières sur les voitures britanniques à 10%, contre 27,5%, mais dans la limite de 100.000 véhicules par an.

L'année a également été marquée en septembre par une cyberattaque contre Jaguar Land Rover, qui a temporairement bloqué la production et gravement perturbé les ventes.

Selon Mike Hawes, les perspectives pour 2026 "sont celles d'une reprise", avec une production qui devrait augmenter de plus de 10% pour atteindre 790.000 unités. L'objectif affiché est un million d'unités d'ici 2027.

La production de véhicules électriques, hybrides rechargeables et hybrides a progressé de plus de 8% en 2025 pour atteindre une part record de 41,7%.

Le Royaume-Uni s'est fixé comme objectif d'interdire la vente de nouveaux véhicules à moteur thermique dès 2030, et des hybrides à partir de 2035, ce qui en fait l'un des pays les plus ambitieux dans la transition vers les véhicules électriques.