"L'électricité britannique est devenue légèrement plus polluante en 2025" alors que le pays n'en a jamais autant produit à partir d'énergies renouvelables

L'année 2025 a été transitoire sur le plan énergétique pour le Royaume-Uni: alors que le pays a fermé sa dernière centrale à charbon, fin septembre 2024, devenant ainsi le premier pays du G7 à mettre fin à l'utilisation de ce combustible fossile, 2025 a aussi été marquée par un record pour les énergies renouvelables et une progression du gaz dans le mix électrique.
Dans le détail, les énergies renouvelables ont fourni 47% de l'électricité au Royaume-Uni l'an dernier, soit deux points de plus qu'en 2024. Elle sont suivies du gaz (28%), du nucléaire (11%) et des importations d'électricité (10%), indique le média spécialisé Carbon Brief, auteur d'une étude publiée ce vendredi à partir des données de l'Opérateur national du système énergétique (NESO) et du rapport DESZN Energy Trends.
L'éolien reste la plus grande source d'énergie renouvelable, le solaire en progression
La part d'électricité produite à partir de sources renouvelables a atteint 47% l'an dernier au Royaume-Uni (152 TWh, en hausse de 6%), soit presque la moitié de la consommation électrique du pays. Un record.
Dans le détail, l'éolien représente la ressource renouvelable la plus importante, avec 87 TWh (+5%), suivi par la biomasse avec 41TWh (+2%) et par le solaire avec 19 TWh, qui enregistre sa plus forte progression sur un an (+31%). Cela s'explique, selon Carbon Brief, parce que 2025 a été marquée par "le printemps et l'année les plus ensoleillées jamais enregistrées", en plus du lancement de nouvelles centrales solaires, représentant un cinquième de la capacité de production installée.
Grâce à sa capacité éolienne de 33GW, aussi bien terrestre qu'en mer, le Royaume-Uni est aujourd'hui l'un des pays les plus en avance sur les énergies renouvelables en Europe. Il reste cependant derrière les pays scandinaves qui tirent une très large partie de leur électricité du vent et des barrages hydroélectriques.
Malgré cela, la croissance du gaz fait que 2025 a été plus polluante
Malgré ce record pour les renouvelables, le gaz a lui aussi progressé en 2025, à hauteur de 5%. Le gaz est en effet venu compenser l'arrêt de la production électrique à partir de charbon (qui représentait encore 2 TWh en 2024), ainsi que la baisse de la production nucléaire.
L'électricité produite à partir de nucléaire a en effet atteint son niveau le plus bas en un demi-siècle, avec une réduction de la production de 5 TWh. Cela s'explique par l'arrêt de la majeure partie de la flotte l'année dernière afin de recharger du combustible ou assurer la maintenance des réacteurs. Le gouvernement britannique s'est par ailleurs engagé dans un plan à 17 milliards d'euros pour construire deux nouveaux réacteurs EPR par EDF à l'est du pays, en plus de celui en cours de construction à Hinkley Point, dont le démarrage a été repoussé à 2029 au mieux, voire 2030 ou 2031.
"Globalement, l'électricité britannique est donc devenue légèrement plus polluante en 2025", explique Carbon Brief.
"Chaque kilowattheure étant lié à 126 g de dioxyde de carbone (gCO2/kWh), soit une augmentation de 2% par rapport au niveau record de 124 gCO2/kWh établi l'année précédente", ajoute l'organisme.
Dans ce contexte, le réseau électrique n'a pas tenu sans énergies fossiles
L'opérateur national du système énergétique (Neso) n'a néanmoins "pas atteint son objectif de faire fonctionner le réseau électrique pendant au moins 30 minutes en 2025 sans utiliser d'énergies fossiles", et "des progrès beaucoup plus rapides seront nécessaires" si le pays veut être à la hauteur de ses ambitions, pointe Carbon Brief.
Le gouvernement britannique s'est engagé à ce que les sources de production décarbonées couvrent 100% de la demande en électricité du pays en 2030 et 95% de la production totale - en prenant en compte l'ambition de l'exécutif de devenir un exportateur net d'électricité.
Alors même que la demande d'électricité au Royaume-Uni augmentait de 4 TWh en 2025 (soit +1%), le pays perdait également un total de 10 TWh d'approvisionnement en raison d'une série de petits changements. Parmi eux, on peut souligner que le pays a enregistré une légère baisse de ses importations en 2025, et une hausse de ses exportations. De ce fait, les importations nettes du pays ont diminué de 1 TWh (4 %).












