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Un porte-avions USS Abraham-Lincoln qui s'est rendu "invisible", des missiles "hit-to-kill" déjà utilisés pour défendre Israël, des milliers de marins... À quoi ressemble l'armada de Trump qui est arrivée près de l'Iran?

BFM Business Olivier Chicheportiche avec AFP
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En tout, dix bâtiments de guerre américains sont dans la région, mettant à la disposition de Donald Trump une puissance de feu considérable s'il décidait de frapper l'Iran.

La pression est montée d'un cran entre les Etats-Unis et l'Iran depuis que la concentration de forces aéronavales américaines se soit concrétisée au large du golfe Persique.

Cette "armada", comme l'a qualifié Donald Trump, fait peu ou prou la même taille que celle déployée dans les Caraïbes avant l'opération américaine menée en début d'année pour enlever l'ancien dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro dans le but de le traduire en justice à New York.

"Une armada massive se dirige vers l'Iran", a déclaré le président américain. "Comme pour le Venezuela, elle est prête, volontaire et capable de remplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence, si nécessaire". "Le temps est compté", a-t-il lancé, exhortant Téhéran à "CONCLURE UN ACCORD !".

Le porte-avions USS Abraham-Lincoln comme pièce centrale

Un responsable américain a estimé mercredi à 10 le nombre total de navires américains au Moyen-Orient, dont le porte-avions USS Abraham Lincoln, qui compte aussi trois destroyers.

L’USS Abraham-Lincoln est la pièce maîtresse du dispositif avec ses 333 mètres de long, il s'agit d'un des plus grands navires de guerre au monde. Outre plus de 5.000 marins à bord, il emporte des avions de chasse F-35C, des F/A-18 et des avions de guerre électronique EA-18G Growler, selon le Wall Street Journal.

Selon les informations de BFMTV, le groupe aéronaval fait l'objet d'une surveillance iranienne, via un drone qui évolue au niveau du détroit d'Ormuz. Six autres navires de guerre américains sont également déployés dans la région, trois destroyers et trois navires de combat littoral.

Selon certains compte, l'USS Abraham-Lincoln aurait coupé son transpondeur, cela signifie qu'il ne plus émettre sa position en temps réel et qu'il devient donc "invisible" pour les sites de suivi maritime civils.

Un navire peut être amené à couper son transpondeur pour éviter que des acteurs hostiles suivent ses déplacements pour mettre en place des manœuvres sensibles comme des entraînements des déploiements ou un repositionnement stratégique. Mais ce n’est pas un signe automatique de guerre imminente.

Des missiles "hit-to-kill"

Par ailleurs, des F-15 sont venus en renfort sur les bases régionales, appuyés par des boucliers antimissiles Patriot et THAAD destinés à contrer toute riposte balistique. Les THAAD permettent l'interception à haute altitude.

Le THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) est un système américain de défense antimissile conçu pour intercepter et détruire des missiles balistiques de courte à moyenne portée en phase terminale, c’est-à-dire juste avant l’impact. Il fonctionne grâce au principe du "hit-to-kill" c'est à dire qu'il n'a pas de charge explosive. Le missile intercepteur détruit sa cible uniquement par l’énergie cinétique du choc.

Le système repose sur un radar très puissant (AN/TPY-2) qui détecte et suit la menace à longue distance, un centre de commandement qui calcule la trajectoire, puis des missiles intercepteurs lancés depuis des véhicules mobiles. L’interception peut avoir lieu dans la haute atmosphère ou juste au-dessus (jusqu’à environ 150 km d’altitude).

En termes de coût, le THAAD est extrêmement cher: une batterie complète coûte en général entre 800 millions et plus d’un milliard de dollars, et chaque missile intercepteur vaut autour de 10 à 15 millions de dollars. Déployé notamment en Corée du Sud, au Japon ou au Moyen-Orient, le THAAD est surtout pensé comme un outil de dissuasion stratégique, destiné à protéger des zones clés contre des attaques balistiques limitées.

Pour mémoire, un quart des stocks américains de ce système ont été utilisés en juin dernier pour défendre Israël. Enfin, un sous-marin d’attaque rapide serait également sur zone, selon Euronews.

Face à cette armada, la mission iranienne à l'ONU n'a pas tardé à réagir, affirmant sur X que l'Iran "répondrait comme jamais" à toute attaque américaine.