"Nous sommes en dialogue intensif avec la France": alors que la presse allemande assure qu'il a enterré le projet d'avion de combat Scaf, le chancelier Merz déclare qu'il n'a pas (encore?) rompu avec la France

La décision concernant la poursuite du programme d'avion de combat européen (Scaf), bloquée en raison de différends entre industriels, a de nouveau été reportée, a affirmé jeudi le chancelier allemand Friedrich Merz.
"Nous sommes actuellement en dialogue intensif avec la France et je pars du principe que nous parviendrons ici à une décision commune dans les prochaines semaines", a déclaré le chef du gouvernement allemand au cours d'une conférence de presse avec la Première ministre lituanienne Inga Ruginiene à Berlin.
Un accord devait initialement être trouvé avant fin décembre 2025 sur ce projet clé de la coopération militaire franco-allemande lancé en 2017 mais les divergences entre industriels freinent indéfiniment le processus.
L'avionneur français Dassault, désigné comme maître d'oeuvre, réclame plus d'autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l'Allemagne et l'Espagne, qui a rejoint le programme en 2019.
"Il existe [...] des conceptions qui diffèrent des nôtres", a simplement dit M. Merz. "Nous cherchons à résoudre cela et il y aura dans tous les cas des systèmes communs".
L'enjeu est de remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d'ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.
100 milliards d'euros
Dans son édition de jeudi, l'hebdomadaire allemand Stern, s'appuyant sur des sources gouvernementales, affirme que le chancelier a informé ses ministres à la mi-janvier que le projet, évalué à 100 milliards d'euros, allait être abandonné.
Interrogé par l'AFP, le gouvernement a répondu qu'"aucune décision sur l'avenir du projet FCAS" n'avait "encore été prise".
D'après le Stern, Berlin attend d'ici à fin février au plus tard des clarifications de Paris sur l'avenir du projet.
Les médias allemands évoquent un potentiel revirement de l'Allemagne en faveur du projet concurrent GCAP, ralliant le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon.
La ministre des Armées française a de son côté renouvelé sa confiance dans le Scaf il y a quelques jours.
"Mon souhait le plus profond, c'est de réussir à sortir ce projet, a déclaré Catherine Vautrin sur BFM Business. Je ne vous cache pas les difficultés qui sont les nôtres aujourd'hui".











