L'énorme plan de relance à 500 milliards d'euros déçoit: Berlin abaisse nettement les prévisions de croissance de l'Allemagne à 1% en 2026

Le gouvernement allemand revoit sa copie et abaisse ses prévisions de croissance à 1% cette année, contre 1,3% initialement. L'important plan de relance budgétaire adopté l'an dernier ne parvient pas à relancer rapidement une économie en crise.
"Les impulsions attendues [...] ne se sont pas concrétisées aussi rapidement et dans la mesure que nous l'avions prévu", malgré une "reprise significative", a expliqué la ministre de l'économie Katherina Reiche lors d'une conférence de presse.
Une nouvelle franche déception pour la coalition du conservateur Friedrich Merz, qui plaçait beaucoup d'espoir dans les centaines de milliards d'euros adoptés l'an dernier pour moderniser la défense et les infrastructures du pays. Un fonds spécial de 500 milliards d'euros a notamment été mis en place pour moderniser des infrastructures parfois vétustes, mais seulement 24 milliards avaient effectivement été investis à la fin 2025.
Ce "bazooka budgétaire" devait faire de 2026 l'année de la reprise, promettaient conservateurs et sociaux-démocrates, après une mini-croissance de 0,2% en 2025 et deux années consécutives de récession avant cela. Mais la dynamique de l'économie allemande reste faible. Le plan d'investissement contribuera à lui seul à environ deux-tiers de la croissance en 2026, portée par la consommation privée et publique, selon le rapport.
"Contexte très difficile"
Cette révision à la baisse du gouvernement "n'est pas surprenante", selon l'économiste Felix Schmidt. Il pointe en particulier "un début d'année poussif, comme suggéré par l'indice du climat des affaires de l'institut Ifo pour janvier", publié lundi.
Afin que les dépenses supplémentaires de l'État "ne se transforment pas en coûteux feu de paille, des réformes d'accompagnement seront également nécessaires", prévient l'économiste.
Katherina Reiche a défendu l'action du gouvernement pour aider les entreprises et ménages, mais pointé en même temps la persistance d'un contexte économique mondial "très difficile", alors que le modèle exportateur allemand doit composer avec d'importants droits de douane américains. Les exportations vers son ancien premier partenaire commercial ont reculé de 9,4% entre janvier et novembre 2025, par rapport à 2024.
"Les menaces de relèvement des droits de douane, comme récemment aux États-Unis, créent en outre des incertitudes", d'après la ministre conservatrice. Elle note toutefois "une nette reprise" dans le secteur industriel, avec une embellie de la production et des commandes, notamment dans les biens d'équipement.












