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Elle a été victime d'une demande de rançon de la part du groupe cybercriminel "Shiny Hunters": une enquête est ouverte à Paris après la cyberattaque de la plateforme française de cryptos Waltio

BFM Business Pauline Armandet avec AFP
Des pièces à l'effigie de différentes cryptomonnaies comme le bitcoin ou l'ether.

Des pièces à l'effigie de différentes cryptomonnaies comme le bitcoin ou l'ether. - Shutterstock

La plateforme spécialisée dans la déclaration des revenus en cryptos, a subi une cyberattaque de grande ampleur entraînant la fuite des données de nombreux utilisateurs.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après la cyberattaque de Waltio, plateforme française spécialisée dans l'aide à la déclaration pour les détenteurs de crypto-actifs, qui a annoncé vendredi avoir porté plainte.

Ces investigations, confiées à l'Unité nationale cyber de la Gendarmerie nationale, "sont en cours pour déterminer la nature précise des données dérobées et identifier les clients des sociétés qui en ont été victimes", avaient indiqué le parquet de Paris et la gendarmerie nationale dans un communiqué commun jeudi.

Waltio "avait prévenu" les autorités dès jeudi, puis "a formalisé vendredi une plainte" pour tentative d'extorsion et atteinte à un système de traitement automatisé de données, a précisé à l'AFP son avocat, Me Romain Chilly, qui confirmait une information du Parisien.

"Shiny Hunters"

Plusieurs "opérateurs de crypto-actifs ont récemment été victimes de violation de données personnelles", relève le communiqué du parquet et de la gendarmerie. Concernant l'affaire Waltio, la plateforme dit avoir reçu mercredi une demande de rançon de la part du groupe cybercriminel "Shiny Hunters", après "une attaque particulièrement sophistiquée, qui a permis l'accès à certaines données de la société".

"Les données en question ne contiennent ni des données bancaires, ni des éléments d'état-civil, ni les adresses postales des utilisateurs", a tenu à souligner la société à l'AFP.

"Seuls les mails et des données sur le solde de cryptomonnaies datant de 2024 seraient concernées", a encore précisé l'entreprise, ajoutant avoir notifié la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).

"Les premières investigations internes indiquent que les causes de cette intrusion sont solutionnées", selon Waltio.

De son côté, le parquet et la gendarmerie ont alerté sur de multiples arnaques, s'inspirant des fraudes aux faux conseillers bancaires, mais adaptées au monde des cryptomonnaies.

Les arnaqueurs peuvent aussi feindre d'être de faux "policiers, gendarmes, douaniers, magistrats" pour "obtenir des informations complémentaires sur les détenteurs de crypto-actifs" ou des documents sensibles comme des moyens de paiement, des clés de récupération...

Après une année 2025 marquée par plusieurs enlèvements ou tentatives de rapts, violents, liés au monde de la cryptomonnaie, "des enlèvements et séquestrations ont encore été signalés aux forces de l'ordre en janvier 2026", relèvent le parquet de Paris et la gendarmerie nationale.

De son côté, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) s'est saisi d'au moins quatre dossiers d'enlèvements liés aux cryptomonnaies depuis son lancement le 5 janvier.