Le bitcoin est "encore plus indépendant que les banques centrales. Personne ne le contrôle": le patron de Coinbase corrige Villeroy de Galhau qui pense que le bitcoin est émis par des acteurs privés
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avec une casquette "Make Europe Great Again" aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le 4 juillet 2025. - BFM Business
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a défendu mercredi à Davos (Suisse), face à des entrepreneurs dans la cryptomonnaie, le rôle des banques centrales dans la régulation de la monnaie.
François Villeroy de Galhau participait à un débat du Forum économique mondial avec Brad Garlinghouse, directeur général d'un des grands émetteurs de "stablecoins" (cryptomonnaies en quasi-totalité indexées au dollar), Ripple, et avec Brian Armstrong, directeur général d'une plateforme d'échange de cryptomonnaies, Coinbase.
"Emetteurs privés"
Pour le gouverneur, "la garantie de la confiance est l'indépendance du côté des banques centrales". Et "désolé de le dire, mais je fais plus confiance à des banques centrales indépendantes, avec un mandat démocratique, qu'à des émetteurs privés de bitcoins".
"Bitcoin est un protocole décentralisé. Il n’a pas d’émetteur. C’est en ce sens que, même si les banques centrales sont indépendantes, le bitcoin l’est encore plus. Il n’y a aucun pays, aucune entreprise ni aucun individu qui le contrôle", a rétorqué Brian Armstrong, le patron de la bourse crypto Coinbase.
Pour rappel, le 31 octobre 2008, Satoshi Nakamoto publiait le "white paper" du Bitcoin. Ce livre blanc, intitulé "Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System ou traduit en français "Bitcoin: un système de monnaie électronique de pair à pair", pose les bases du fonctionnement de la blockchain et sa cryptomonnaie. Le bitcoin est un "système de monnaie électronique entièrement en pair à pair (qui) permettrait d’effectuer des paiements en ligne directement d’un individu à un autre sans passer par une institution financière", peut-on lire.
Tandis que ses interlocuteurs vantaient les bienfaits d'une "libre concurrence" entre cryptomonnaies et monnaie classique de banque centrale, M. Villeroy de Galhau a évoqué le risque d'un système financier mondial fragmenté, au sein duquel la monnaie banque centrale servirait de réserve aux acteurs économiques et financiers les plus puissants.
"Si les stablecoins sont insuffisants, on pourrait courir le risque d'une loi de Gresham en quelque sorte, vous savez, celle, célèbre, qui dit que la mauvaise monnaie est plus utilisée pour les transactions, et la bonne monnaie, qui serait la monnaie numérique de banque centrale, serait conservée comme réserve de valeur", a-t-il expliqué.
"Si les stablecoins seuls gagnaient la partie, cela signifierait - c'est une hypothèse extrême - que la monnaie serait complètement privatisée. Je ne serais pas complètement rassuré, pour employer un euphémisme", a poursuivi le gouverneur.
"Nous avons eu des exemples, par le passé, où la monnaie était entièrement privée", a rappelé M. Villeroy de Galhau, évoquant les États-Unis au XIXe siècle, avant la création de la Réserve fédérale en 1913. "Et il y avait beaucoup de crises de confiance. Donc je ne dis pas du tout que la monnaie banque centrale sera dominante, aura une part de marché importante. Mais c'est un ancrage pour la confiance".












