Une intelligence artificielle permet à des personnes paralysées de parler "par la pensée"

Une avancée prometteuse de l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le domaine médical. Deux équipes de chercheurs ont mis au point des systèmes capables de traduire des signaux neuronaux en texte ou en mots, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Nature le 23 août et repérés par Le Parisien.
La première étude a permis de tester un système de déchiffrement des pensées. Il peut décoder 62 mots par minute. Une conversation naturelle contient environ 160 mots par minute. Concrètement, le premier appareil peut convertir les signaux électriques du cerveau en texte. Ainsi, un appareil constitué d’électrodes est implanté dans la région du cerveau relative à la parole.
Une patiente américaine de 67 ans et atteinte de la maladie de Charcot, une maladie qui provoque une perte progressive du contrôle musculaire, entraînant des difficultés à bouger et à parler, a été greffée avec cet appareil.
Ensuite, un système qui fonctionne à l'aide d'algorithmes d'apprentissage automatique interprète l'activité cérébrale et la transforme en paroles prononcées par une voix synthétique.
Deux configurations ont été testées avec ce système. La première avec un vocabulaire de 125.000 mots et la deuxième avec un échantillon de 50 mots. Résultat, environ 3 mots sur 4 ont été déchiffrés correctement.
"Pour ceux qui ne parlent pas, ils peuvent rester connectés au monde, peut-être continuer à travailler, entretenir des relations amicales et familiales", s'est réjouit la patiente lors d'une conférence de presse.
Une voix similaire
La deuxième étude permet de mettre en évidence les résultats d'une expérience d'un implant moins invasif que le premier, placé à la surface du cortex cérébral avec un système capable de décoder 78 mots par minute.
Les équipes ont créé une IA pour convertir les signaux cérébraux d'Ann, la patiente, en une voix synthétique et en un avatar animé qui imite les expressions faciales. Ils ont également personnalisé la voix pour qu'elle ressemble à celle d'Ann, en l'entraînant sur des enregistrements de la vidéo de son mariage.
"Le simple fait d'entendre une voix similaire à la mienne est émouvant", a témoigné la patiente.
Après la publication de cette étude prometteuse, puisque la détection du nombre de mots par minute n'a jamais été aussi important, les scientifiques soulignent que de nombreuses améliorations restent nécessaires avant une application clinique.
Il faudrait notamment développer une technologie sans fil pour une utilisation quotidienne. Les appareils doivent également être testés sur un plus grand nombre de personnes pour prouver leur fiabilité.