L'administration Trump réfléchit à interdire Deepseek aux États-Unis

Deepseek, l'IA chinoise qui a ébranlé le monde et surtout la Silicon Valley en janvier, pourrait bientôt être interdite aux États-Unis. Selon le New York Times, les autorités américaines prennent actuellement des mesures pour sévir contre la startup éponyme, ainsi que son soutien par Nvidia, le principal fabricant de puces aux États-Unis.
Après avoir décidé, cette semaine, de restreindre les ventes de puces d'intelligence artificielle du fabricant à la Chine, l'administration Trump envisage d'autres sanctions visant à empêcher d'acheter des technologies américaines. Elle songe également à interdire aux Américains d'accéder à Deepseek.
Entre inquiétudes et concurrence
À ces sanctions s'ajoute une pression sur Nvidia de la part du Congrès. Ce mercredi 16 avril, un comité de la Chambre des représentants des États-Unis qui se concentre sur les menaces à la sécurité nationale émanant de la Chine a ouvert une enquête sur la vente de puces par Nvidia dans toute l'Asie. Le but avec celle-ci est de déterminer si le fabricant a sciemment fourni des technologies essentielles au développement de l'IA, à Deepseek et donc enfreint les règles américaines.
De son côté, Nvidia, qui va concevoir ses puces IA aux États-Unis, s'est défendu en affirmant avoir suivi à la lettre les directives du gouvernement américain concernant les produits qu'il pouvait vendre et les lieux où il pouvait les vendre.
"Nvidia protège et renforce la sécurité nationale en créant des emplois et infrastructures aux États-Unis, en promouvant le leadership technologique américain, en apportant des milliards de dollars de recettes fiscales au Trésor américain et en réduisant l'énorme déficit commercial des États-Unis", a affirmé un porte-parole auprès du New York Times.
Ces mesures interviennent après la récente découverte de liens entre des chercheurs de Deepseek et l'Armée populaire de libération (ALP), ainsi que d'autres institutions chinoises qui ont été sanctionnées pour leur aide à l'armée chinoise. Dans le détail, des dizaines de chercheurs de la startup chinoise sont ou ont été affiliés à des laboratoires de l'ALP ou à des instituts de recherche sur la défense en Chine, d'après un rapport que le New York Times a pu consulter.
Certains ont également travaillé avec un institut développant et testant des armes nucléaires chinoises, des organisations auxquelles le gouvernement américain a interdit d'acheter des technologies américaines et d'autres groupes.
S'il n'est pas rare en Chine que des entreprises privées entretiennent des liens étroits avec des industries soutenues par l'État et créent des technologies pour des projets financés par l'État, Deepseek aurait ainsi des liens plus étroits avec l'armée et le gouvernement chinois que ce que l'on pensait, a déclaré Kit Conklin, vice-président de la société d'analyse de données à l'origine du rapport.
Plus largement, les attaques contre Deepseek et Nvidia interviennent dans un contexte de concurrence entre la Chine et les États-Unis dans le secteur de l'IA. Les États-Unis craignent d'être devancés par la Chine dans ce domaine, ce qui ne serait pas sans conséquences pour la sécurité nationale et la géopolitique.
Si la Chine parvient à cet exploit, cela lui permettrait en effet d'utiliser plus rapidement les systèmes d'IA pour concevoir des missiles, des drones autonomes et d'autres armes de nouvelle génération. Elle pourrait aussi persuader d'autres pays d'utiliser sa technologie pour leur réseau de systèmes et d'infrastructures d'IA, et ainsi, affaiblir l'influence des États-Unis dans le monde.