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JO 2024: pourquoi la vidéosurveillance algorithmique ne sera pas pleinement opérationnelle

BFM Business Sylvain Trinel
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Alors que la menace terroriste est plus que jamais redoutée lors des Jeux olympiques de Paris 2024, l'une des pièces maîtresses de l'événement ne sera pas complètement lancée.

Ce devait être le principal argument en matière de sécurité, mais il ne sera finalement pas complètement opérationnel. En pleine mission d'information sur le sujet, les sénateurs ont annoncé que la vidéosurveillance algorithmique ne sera "pas opérationnelle dans sa totalité" durant les Jeux olympiques de Paris 2024.

Pour rappel, cette technologie consiste à utiliser les images de vidéosurveillance pour détecter des comportements suspects grâce à un algorithme.

Le Sénat sceptique sur le sujet

Décrites comme "très expérimentales" par Agnès Canayer, sénatrice de Seine-Maritime, également rapporteuse, les caméras ne seront, selon elle, "pas des outils totalement efficaces", principalement lorsqu'elles seront mises en place lors des JO. Ce dispositif avait été autorisé en mars 2023 à des fins d'expérimentation pour l'événement, mais a néanmoins eu droit à un test lors du concert de Depeche Mode qui a eu lieu le 3 mars dernier à Bercy.

"On est loin de l'enjeu et des objectifs qui avaient été fixés," ajoute Agnè Canayer, visiblement peu convaincue.

Elle précise que les Jeux olympiques et paralympiques seront davantage un nouveau test XXL qui aura comme objectif de constater "la réelle utilité" de cette technologie qui fait polémique, notamment auprès des associations de défenses des données personnelles.

Une utilisation liée au vote du règlement européen sur l'IA

Une fois les JO passés, un bilan sera réalisé. La question de la vidéosurveillance algorithmique a fait l'objet de six mois de travail, qui ont vu 95 auditions être organisées. A l'issue de cette période, le Sénat a alors formulé plusieurs préconisations, notamment en matière de protection de la vie privée, avec plusieurs dispositions prises pour se conformer au RGPD.

Par ailleurs, l'utilisation plus globale de la vidéo surveillance algorithmique est liée au vote du règlement européen sur l'intelligence artificielle, par le conseil de l'UE, et qui doit intervenir "probablement en avril", permettant notamment l'identification biométrique à distance en temps réel dans les espaces publics.