Deepseek doit retarder son prochain modèle d'IA à cause des puces Huawei peu performantes

Alors qu'en début d'année, elle faisait trembler Nvidia et OpenAI grâce à ses capacités supérieures, Deepseek, l'intelligence artificielle chinoise, a désormais pris beaucoup de retard sur ses concurrents. La faute aux politiques de la Chine souhaitant que ses entreprises utilisent plutôt des composants locaux, notamment en matière de nouvelles technologies.
Selon le Financial Times, Deepseek aurait été contraint de retarder le lancement d'un nouveau modèle avancé face à l'incapacité des puces IA de Huawei (Ascend) à rivaliser avec celle de l'américain Nvidia. C'est ce qui explique que le modèle R2, un temps attendu pour mai 2025, n'a finalement pas été rendu disponible, et qu'une simple mise à jour du modèle R1 a été lancée en juin.
Des puces Huawei qui sous-performent
Le développement de puces IA en Chine a été rendu difficile suite aux sanctions américaines visant le pays. Des sanctions qui ont pris une allure de guerre commerciale, au point que Nvidia a dû tirer un trait sur la vente de ses puces pendant plusieurs mois dans le pays, avant de finalement être réautorisé par le gouvernement Trump à les commercialiser -mais sous couvert d'une taxe importante de 15%.
Deepseek a également dû composer avec le souhait très appuyé des autorités chinoises pour utiliser des puces conçues par Huawei, mis aux bans des sociétés occidentales en raison de sa proximité avec le régime de Xi Jinping et de soupçons d'espionnage.
Selon des connaisseurs du dossier, les puces de Huawei souffrent de problèmes de stabilité et d'une latence importante lorsqu'elles sont connectées entre elles. La suite logicielle est également en cause. Cela donne donc des pépins techniques généralisés dans le cadre de "l'inférence", cette étape clé d'une IA générative permettant de prédire et générer des réponses.
Malgré la présence d'ingénieurs de Huawei chez Deepseek, le problème ne semble pas encore résolu. La start-up a néanmoins bon espoir de pouvoir le publier "dans les prochaines semaines", explique le Financial Times.
Rappelons qu'au-delà de ses capacités, Deepseek n'est pas vue d'un bon oeil. En cause, l'envoi de données vers la Chine et la censure qu'elle opère sur certains résultats jugés contraire à la propagande chinoise.
Les deux sociétés n'ont pas souhaité commenter ces affirmations.