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Pour retrouver les otages du Hamas, Israël mobiliserait le logiciel espion Pegasus

BFM Business Victoria Beurnez
Le logo du groupe NSO, fabricant du logiciel espion Pegasus, sur la façade d'un bâtiment, le 8 février 2022 dans la vallée Arava, dans le sud d'Israël

Le logo du groupe NSO, fabricant du logiciel espion Pegasus, sur la façade d'un bâtiment, le 8 février 2022 dans la vallée Arava, dans le sud d'Israël - MENAHEM KAHANA © 2019 AFP

Les agences israéliennes se tournent vers l'entreprise spécialisée dans les logiciels espions NSO, afin de repérer les téléphones des otages disparus.

Le gouvernement israélien multiplie les ressources technologiques pour retrouver les otages capturés par le Hamas, qui sont encore nombreux depuis les attaques du 7 octobre dernier. Parmi les ressources disponibles figure l'entreprise israélienne NSO, à l'origine du célèbre et controversé logiciel espion Pegasus.

Selon le média américain Axios, qui s'est entretenu avec une source proche de l'entreprise NSO, plusieurs agences israéliennes auraient recours au logiciel Pegasus dans le contexte de la guerre qui oppose Israël au Hamas.

Le logiciel Pegasus peut être inséré dans n'importe quel appareil sans que le propriétaire n'active quoi que ce soit; il s'agit d'un logiciel dit "zero-clic". Une fois présent sur l'appareil, Pegasus peut écouter les appels téléphoniques passés par son propriétaire, collecter les SMS, les messages envoyés par des applications de messagerie (mêmes chiffrées), les photos, les contacts et, enfin et surtout, récupérer les données de géolocalisation.

Retrouver les disparus

Selon la source citée par Axios, Pegasus pourrait être utilisé pour infiltrer les smartphones des victimes comme des terroristes, afin d'activer tous les leviers pour les retrouver. Lors des attentats du 7 octobre, certains membres du Hamas se sont saisis des téléphones des otages pour publier sur leurs comptes de réseaux sociaux, laissant entendre que les appareils étaient toujours en activité.

Le média américain mentionne la création d'une "cellule de crise" chez NSO, qui aurait pour l'occasion mutualisé ses moyens avec certaines entreprises concurrentes et rappelé en renfort d'anciens employés pour infiltrer les smartphones basés à Gaza et pouvant permettre de retrouver les otages.

L'utilisation de Pegasus par les autorités israéliennes dans le cadre du conflit avec les Palestiniens n'est pas nouvelle. En 2021, un rapport d'Amnesty International avait par exemple suggéré que plusieurs activistes plaidant pour les droits des Palestiniens avaient été espionnés grâce au logiciel.

L'utilisation de ce logiciel espion avait fait scandale à l'été 2021, lorsqu'un consortium de médias avait révélé une affaire de cyberespionnage d'envergure mondiale. Plusieurs personnalités françaises avaient été concernées, dont le Président de la République, Emmanuel Macron, qui figurait sur une liste potentielle de cibles. Actuellement, NSO a mis en place une campagne pour que ses technologies soient retirées d'une liste noire les empêchant d'être utilisées par les agences fédérales américaines.