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Aux Etats-Unis, la fin de la radio AM dans les véhicules électriques inquiète les autorités

BFM Business Julie Ragot
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De plus en plus de constructeurs abandonnent la radio AM sur leurs véhicules électriques pour des raisons techniques. Une suppression qui n’est toutefois pas sans risque pour les usagers dans le pays.

Allumer la radio pour écouter les informations ou de la musique via la radio AM sera-t-il bientôt un geste du passé? Peut-être bien, à en croire les dizaines de constructeurs automobiles (BMW, Ford, Volkswagen…) qui ont décidé d’enlever cette technologie de grandes ondes de leurs véhicules électriques.

En cause, les interférences entre les fréquences AM et les moteurs électriques, qui occasionneraient des bruits parasites et un affaiblissement des signaux. Mais pour certains politiques américains, cela représente un vrai risque de sécurité en cas d’urgence.

"La radio AM est une part essentielle de notre dispositif d’alerte d’urgence. C’est même irremplaçable", explique le sénateur Ed Markey, à l’origine d’une lettre aux constructeurs pour un accès permanent à la radio AM.

Car la radio AM, outre ses aspects ludiques, est surtout un moyen essentiel pour les autorités de communiquer avec les usagers lors d’évènements extrêmes, comme des catastrophes naturelles. Et selon le syndicat américain des sociétés de radio et télédiffusion, la radio AM touche 92% de la population américaine. Un moyen incontournable donc pour communiquer auprès de tous.

Pas toujours d'accès à Internet

Et pour défendre ce changement, certains constructeurs automobiles affirment que le gouvernement doit changer son système d’alerte d’urgence en utilisant davantage les nouvelles technologies utilisées par les consommateurs, comme le Bluetooth ou le numérique. Une justification qui n’en est pas une selon Ed Markey.

"Beaucoup de constructeurs suggèrent l’utilisation d’autres outils pour communiquer, comme la radio numérique. Mais certains conducteurs pourraient ne pas avoir accès à Internet et donc manquer des informations de sécurité critiques", souligne le sénateur.

Des constructeurs ont toutefois affirmé garder leur système de radio AM, en faisant toutefois quelques ajustements, comme Stellantis, maison mère de Chrysler et Jeep. Le constructeur a en effet décidé d’utiliser des câbles et connecteurs blindés pour atténuer les interférences, tout en éloignant les moteurs et composants radio.

La France peu concernée

Si ces risques peuvent inquiéter les conducteurs outre-Atlantique, en France, le système est toutefois différent. La fin de la radio AM et des grandes ondes a bien été actée au 31 décembre dernier. Mais dans les véhicules, l'usage de la radio AM a été largement outrepassé par la FM ou le numérique. Et en cas d'urgence qui nécessiterait un message d'alerte national, la France possède aujourd'hui de nombreux canaux de diffusion en dehors la radio AM.

Depuis juin 2022, le dispositif d'alerte FR-Alert a en effet été mis en place sur tout le territoire national et permet de prévenir en temps réel sur les téléphones portables d'un danger imminent ou en cours. L'outil s'accompagne de canaux plus anciens, comme les sirènes d'alerte mais aussi les messages via France Télévisions ou Radio France. Les réseaux sociaux des différents ministères ou institutions peuvent également permettre la diffusion massive de messages d'alerte.