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Vol de cocaïne à la PJ : une "défaillance individuelle" selon l'IGPN

BFM Jé. M. et A. G. avec AFP
L'inspection générale de la police nationale livre de nouveaux détails dans le vol es 52 kg de cocaïne au 36, quai des Orfèvres.

L'inspection générale de la police nationale livre de nouveaux détails dans le vol es 52 kg de cocaïne au 36, quai des Orfèvres. - Kenzo Tribouillard - AFP

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La "police des polices" a mis hors de cause le chef du service des Stups, ce jeudi, tout en pointant une "responsabilité individuelle" dans le vol, cet été, de 52 kg de cocaïne au 36, quai des Orfèvres.

La "police des polices" a pointé jeudi une "défaillance individuelle" dans le vol inédit de plus de 52 kg de cocaïne à la PJ parisienne, dans un rapport dans lequel elle dédouane le chef de service et pose le problème de la gestion des scellés de drogue.

"C'est une défaillance individuelle", a relevé Marie-France Monéger, la patronne de l'IGPN, qui a rendu public un audit demandé par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, peu après le vol. Les faits s'étaient déroulés dans la salle des scellés de la brigade des stupéfiants, qui a vécu cette affaire "comme un choc", selon la directrice. 

Un 36 quai des Orfèvres trop vétuste

Un policier de ce service est mis en examen et écroué depuis le 6 août dernier. La responsable de l'IGPN, qui a aussi en charge l'enquête judiciaire, a pointé la "défaillance individuelle" et insisté à plusieurs reprises sur la "probité" des agents des "Stups".

L'audit, a-t-elle rapporté, dédouane le chef de la brigade située au célèbre 36 Quai des Orfèvres. Une caméra de vidéosurveillance devait être installée en septembre dans la salle des scellés --et l'a été depuis--. Depuis le vol les contrôles ont également été "renforcés", et des travaux engagés. Même si, précise l'audit, les "accès" au "36" peuvent "être améliorés". Le rapport pointe en effet la "vétusté" de ce "lieu mythique", immortalisé par le commissaire Maigret et centenaire, mais "sans qualité optimale de sécurité".

Le problème de la gestion des scellés

Elle a souligné en outre que la gestion des scellés de stupéfiants est "devenue un sujet très sensible" dans tous les services de police, à "mettre en parallèle" avec l'augmentation exponentielle des saisies et affaires de drogue depuis les années 1990. Un groupe de travail police/justice est d'ailleurs chargé de "trouver des pistes" pour "harmoniser" la conservation des scellés de drogue qui sont un véritable casse-tête pour les enquêteurs obligés de les conserver le temps de la procédure judiciaire ou du procès.

La patronne de l'IGPN a également demandé un effort sur la formation, le recrutement et la sélection des agents des "Stups". Elle a évoqué le "choc" subi par les policiers de la brigade des stupéfiants qui ont vécu cette affaire comme une "trahison" et effectué un "retour d'expérience" collaborant étroitement avec l'IGPN pour cet audit, selon elle.

Marie-France Monéger a toutefois refusé de livrer des détails de l'enquête judiciaire en cours qui, nécessairement, devra dire comment un policier des "Stups" a pu si facilement dérober une aussi grande quantité de drogue, d'une valeur marchande de deux millions d'euros à la revente, et qui à ce jour n'a pas été retrouvée. Une telle affaire, sans précédent, peut-elle se reproduire? Réponse prudente: "Il y a des vulnérabilités", il faut "les identifier et y travailler", a-t-elle conclu.