Viande de cheval : le Français Spanghero et un trader chypriote pointés du doigt

Selon plusieurs médias, la société française Spanghero, qui livre de la viande pour Findus, savait qu'il achetait de la viande de cheval à un trader chypriote. - -
L'enquête officielle pour déterminer pourquoi de la viande de cheval a pu être utilisée dans des plats préparés pur bœuf sont attendus en fin d'après-midi, jeudi, mais les pistes évoquées par la presse ciblent le fournisseur français Spanghero et un trader néerlandais basé à Chypre. Les conclusions de la répression des fraudes (DGCCRF) sur cette affaire seront présentées à 17h par les trois ministres concernés - Benoît Hamon pour la Consommation, Stéphane Le Foll pour l'Agriculture et Guillaume Garot pour l'Agroalimentaire.
Depuis mercredi soir, les médias néerlandais et britanniques brandissent le nom d'un trader de nationalité néerlandaise, Jan Fasen, dont le siège, installée à Chypre, a livré l'entreprise Sphanghero, basée à Castelnaudary (Aude), elle-même fournisseur de Comigel, le fabricant des plats surgelés incriminés. Comigel, PME de Metz qui s'estime « bernée » dans cette affaire, est le fournisseur unique de Findus et Picard et des principales marques de la grande distribution qui ont retiré les produits suspects des rayons.
Selon Le Parisien, Spanghero, qui a affirmé ne pas avoir « d'activité à base de produit d'origine équidée (de cheval, NDLR) », aurait acheté en trois fois 42 tonnes de viande de cheval entre le 4 et le 12 janvier au trader chypriote Draap. Il s'agirait de « minerai » de cheval, des bas morceaux vendus congelés destinés à âtre hachés et vendus 25 à 30% moins cher que celui de bœuf, selon les professionnels.
« Ça a été vendu comme du cheval. C'est très clair »
Le journal publie le fac-similé d'une facture du 4 janvier à l'entête de Draap Trading - Draap pour « paard », « cheval » en néerlandais -, adressée à « Spanghero viandes élabore », avec les détails d'une commande de minerai sous le code « 0205 0080 », qui correspondrait à une norme internationale pour de la viande de cheval surgelée. Ce qu'affirme également le directeur de Draap Trading, Jan Fasen, au Guardian: « J'étais 100% sûr que j'achetais du cheval. Nous l'avons vendu à Spanghero en France ainsi qu'à des clients en Belgique et aux Pays-Bas. Ça a été vendu comme du cheval. C'est très clair » affirme-t-il. Il explique s'être fourni auprès de deux abattoirs roumains en toute transparence : « quand ils livrent du bœuf, c'est du bœuf, quand ils vendent du cheval, c'est du cheval », explique-t-il. Les Roumains s'étaient d'ailleurs défendu avec vigueur de toute tromperie dès le début de l'affaire.
Le trader déjà condamné pour « tromperie »
Spanghero se défend également d'avoir « jamais reçu de factures relatives à de la viande de cheval », a déclaré jeudi matin un représentant de Spanghero, ajoutant, au sujet des factures mentionnées par le Parisien, « ne pas avoir d'explication là-dessus ». Puis jeudi après-midi, la société a une nouvelle fois assuré « n'avoir commandé, réceptionné et revendu que de la viande réputée de bœuf » et dûment étiquetée. Le 11 février, Spanghero avait publié un communiqué assurant notamment qu'elle « n'a pas d'activité d'achat, de revente ou de transformation de produits à base de viande de cheval ».
Ce qui n'empêche, précisent plusieurs médias européens, que le sulfureux Jan Fasen a été condamné l'an passé à un an de prison dont trois mois avec sursis pour avoir vendu du cheval sud-américain pour du boeuf allemand. Le Financial Times précise même que cette viande avait été vendue en France.
Face à cette fraude d'ampleur qui touche déjà plusieurs pays de l'Union européenne, l'UE a sonné la mobilisation générale ordonnant mercredi, à l'issue d'une réunion ministérielle de crise, quelque 2 500 tests ADN à travers toute l'Europe.












