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Vers des listes d’attente à rallonge sur Parcoursup?

BFM Antoine Maes
Le site Parcoursup.

Le site Parcoursup. - Lionel BONAVENTURE / AFP

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Un an après le décrié APB, le système Parcoursup délivrera mardi à 18 heures les réponses aux vœux des futurs bacheliers. Une bonne partie d’entre eux devraient se retrouver sur liste d’attente.

L’heure H approche. C’est ce mardi à 18h que Parcoursup délivrera les réponses aux vœux d’orientation dans l’enseignement supérieur de 810.000 futurs bacheliers. Un an après le traumatisme APB, le nouveau système sera scruté de près. Après un parcours de sélection souvent difficile à appréhender pour les universités elles-mêmes, de nombreux candidats devraient tout de même se retrouver dans une situation ambiguë, sur liste d’attente. Selon Jean-Michel Blanquer, invité de RTL mardi matin, "plus de la moitié des élèves auront une réponse positive dès ce soir".

Et pour les autres? Difficile à dire, mais si votre dossier est bon, il n’y a pas de raison de se voir offrir une réponse négative. "Le public que je reçois, je le trouve moins à cran", assure Sylvie Boudrillet, conseillère d’orientation au Centre d'information et d'orientation-Mediacom de Paris.

"Tout dépendra de comment ça se passera, puisque effectivement on n’a pas de visibilité. C’est sûr qu’il y aura sans doute moins d’élèves satisfaits le 22 mai que le 8 juin l’année dernière. Mais c’est normal, parce que l’an dernier le candidat ne recevait qu’une seule proposition d’admission, donc ça libérait des places tout de suite. Et dans la mesure où les bons élèves avec d’excellents dossiers seront sans doute acceptés dans la majorité des formations qu’ils ont demandées, de fait, ils vont monopoliser de nombreuses places en début de procédure".

C’est ce qui a fait dire à Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur que cette date du 22 mai n’était pas "fatidique" mais celle à laquelle "commencent à arriver les réponses".

"Pour la majorité des élèves ça va aller très vite"

Dans les filières sélectives, celles-ci seront "oui", "non" ou "en attente". Pour les filières non-sélectives, ce sera "oui", "oui en attente" ou "oui si", "oui si en attente" si l'université considère que le candidat ne possède pas les connaissances et compétences requises. En clair, il est accepté à condition qu'il s'engage à suivre un parcours d'accompagnement.

Mais dès ce mardi soir, les élèves qui ont reçu des réponses positives auront une semaine pour valider la proposition qui leur a été faite. Ce qui devrait de fait libérer des places au fur et à mesure dans Parcoursup, qui préviendra par la suite ceux qui sont sur liste d’attente en cas de vœu exaucé sur l'application, par messagerie dans le dossier ou par e-mail. Pas la peine de rafraîchir sa page toutes les heures, le système n’étant mis à jour que toutes les nuits. A partir du 26 juin, les élèves n’auront plus que trois jours pour valider la proposition émise par le système. A partir du 21 août, ce sera une journée.

"Pour la majorité des élèves ça va aller très vite. Mais ce qui est important, ce sont les délais: il faut les respecter. Sinon, vous perdrez les propositions qu’on a pu vous faire", prévient Sylvie Boudrillet. Pour tenter de désamorcer une polémique possible sur le sujet de ces listes d’attente, des éléments de langage circulent dans les rectorats depuis quelques jours, rapporte Le Monde. Ceux-ci conseillent de "faire patienter les candidats" et de "rassurer les familles". Le souvenir d’APB, qui il y a un an avait laissé 150.000 candidats sans affectation à quelques jours du bac 2017, est encore frais.

"Un système qui va mettre dans l’incertitude et l’anxiété un tiers des bacheliers potentiels"

Une promesse à laquelle ne croit pas vraiment Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU. Selon lui, "on a choisi un système qui est pire qu’APB". 

"Ce qu’on a reproché à APB, c’est de laisser des lycéens de côté et d’avoir recours au tirage au sort. Celui-ci a pénalisé moins de 3000 lycéens l’année dernière. Là, on a un système qui va mettre dans l’incertitude et l’anxiété un tiers des bacheliers potentiels. Ça va être magnifique en termes de motivation et de stimulation pour réviser. Par ailleurs, on aura beaucoup de lycéens qui vont être stigmatisés, parce que n’avoir aucune proposition c’est quand même un peu être relégué. Je ne pense pas que ce soit très valorisant d’être dans cette situation".

Cette année, les candidats connaîtront également leur rang dans cette fameuse liste d'attente, le nombre total d'étudiants qui y figurent, ainsi que le nombre de places dans la formation. "Même si on a l'impression d'être loin sur la liste, cela ne veut rien dire car les positions vont très vite bouger", a expliqué Frédérique Vidal. Le ministère estime que deux-tiers des inscrits auront eu au moins une proposition le 17 juin, veille du bac, et les trois-quarts la semaine suivante, le système s’interrompant pendant les épreuves écrites de l’examen.

"On est en processus continu, ça n’a rien à voir avec l’année dernière. Mon avis c’est que la procédure a été très bien expliquée aux parents, aux élèves, aux enseignants. Il ne faut pas s’affoler, il faut patienter, confirme Sylvie Boudrillet. Si vous n'avez pas de proposition le 22 mai, vous en aurez vraisemblablement une très rapidement". A partir du 26 juin, la procédure complémentaire permettra également à ceux qui n'ont pas encore de place de reformuler des voeux dans les universités où il reste des places.