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Treiber : « Koh-Lanta, c'est du pipi de chat, à côté »

BFM La rédaction, avec Anthony Trautmann
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Un fugitif très bavard. Jean-Pierre Treiber a envoyé deux nouvelles lettres à son amie. En voici des extraits, publiés par Paris-Match. Le parquet dénonce des « écrits provocateurs ».

En cavale depuis son évasion de la prison d'Auxerre le 8 septembre dernier, Jean-Pierre Treiber continue de narguer les enquêteurs. Il a envoyé deux nouvelles lettres à son amie Blandine. Le journal Paris-Match en publie des extraits ce jeudi 19 novembre. Confirmant leur authenticité, le procureur de la République d'Auxerre François Pérain a dénoncé ces lettres : « Nous ne ferons aucun commentaire sur les écrits volontairement provocateurs de Jean-Pierre Treiber ».

« J'ai eu chaud, ils m'ont coursé... »

Clamant toujours son innocence, le fugitif y raconte son quotidien d'homme traqué, fatigué, mais déterminé. Dans sa première lettre datée du 14 octobre, il revient sur le guet-apens tendu par la police le 9 octobre dans la forêt de Bombon en Seine-et-Marne : « J'ai eu chaud. Ils m'ont coursé, mais dès que je me suis engagé dans les ronciers, leur courage s'est arrêté net, il faut dire qu'il faisait nuit et qu'ils ont plus l'habitude de promener leur flingue dans les rues que de suivre les gens la nuit dans les forêts touffues. » Conclusion : « Je pars dans un endroit plus calme, même si je dois abandonner ma nourriture. »

« Cette forêt est suffisamment vaste pour me cacher »

Dans sa deuxième lettre, le 23 octobre, Jean-Pierre Treiber l'a trouvé cet « endroit tranquille » : « je me suis fait un nouveau gite. Cette forêt est suffisamment vaste pour me cacher. Mais rien n'est simple : mes rasoirs ne fonctionnent plus, je n'ai plus de dentifrice. Je ne sais pas à quoi je vais ressembler quand tout cela sera fini. [...] Koh-Lanta, c'est du pipi de chat, à côté de ce que je dois faire pour survivre. Si je ne réussi pas à prouver mon innocence, au moins j'aurais essayé. »
Il confirme qu'il assistera à son procès, mais prévient : « Je vais peut-être écrire moins souvent ; je flippe quand je vais mettre les lettres dans les boîtes. Je sais que les policiers ne peuvent être partout à la fois. Mais eux aussi sont malins et ont des moyens que je n'ai pas. »

Jean-Pierre Treiber, 47 ans, doit comparaître en avril 2010 devant les assises de l'Yonne pour les meurtres en 2004 de Géraldine Giraud, 36 ans, la fille du comédien Roland Giraud, et de son amie Katia Lherbier, 32 ans, dont les corps avaient été retrouvés dans sa propriété de Villeneuve-sur-Yonne (Yonne).