SONDAGE BFMTV: 69% des Français font confiance à la police

La mort de George Floyd a trouvé un écho planétaire. Le 25 mai dernier, cet Afro-américain a été tué au cours d'une intervention policière à Minneapolis, un décès qui a provoqué de nombreux rassemblements outre-Atlantique pour la fin des violences policières envers les minorités.
En France également, la mort de cet homme de 46 ans a rouvert des cicatrices encore douloureuses, et de nombreuses manifestations en sa mémoire, mais également pour celle d'Adama Traoré, ont été organisées sur l'ensemble du territoire. Pour autant, les responsables politiques se refusent à rapprocher les deux affaires et Emmanuel Macron en personne a tenu, ce mercredi, à ne pas faire de comparaison.
La confiance pour la police en baisse
D'après un sondage réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV et diffusé ce mercredi, une large majorité des Français semble d'ailleurs garder confiance dans les forces de l'ordre. Ainsi, 69% des répondants disent faire confiance à la police, dont 23% font "tout à fait confiance".
Si le chiffre est haut, il est toutefois en nette baisse, de 7 points, par rapport à une étude d'avril 2019. De plus, les chiffres sont bien plus élevés pour d'autres corps des forces de l'ordre. Ainsi, 85% des Français déclarent faire confiance à l’armée, dont 35% "tout à fait confiance", tandis que 81% d'entre eux font confiance à la gendarmerie, dont 29% "tout à fait confiance".
La justice divise
Dans le détail, la confiance pour ces trois acteurs est majoritaire au sein de toutes les catégories de population et des électorats. Les 65 ans et plus accordent une confiance particulièrement élevée (respectivement 90%, 88% et 76%), mais à noter que les 18-24 ans ne sont pas dans le rejet pour autant et accordent majoritairement leur confiance (86%, 76% et 65%).
En revanche, seule une courte majorité des sondés, 51%, disent faire confiance à la justice, dont 8% "tout à fait confiance", contre 49% qui ne lui font pas confiance (dont 13% "pas confiance du tout").

Les policiers globalement soutenus par les Français
En ce qui concerne les récentes accusations de violences policières, les Français semblent ici aussi enclins à se ranger du côté des forces de l'ordre et mettent en avant des éléments extérieurs.
Ainsi, 65% des sondés estiment que les violences policières sont liées "aux comportements agressifs de certains individus", tandis que 50% d'entre eux mettent en avant "l’augmentation des tensions sociales et contestations dans le pays". En revanche, ils ne sont que 47% à évoquer "le manque d’effectif et la fatigue qui s’accumule pour les policiers."
D'autres arguments ont également été cités dans une proportion non négligeable. En vrac, 37% des sondés évoquent "le comportement de certains policiers et leur usage excessif de la force", 31% "les ordres donnés aux policiers par les autorités", 29% estiment que "les violences policières proviennent du sentiment d’impunité."
Dans le détail des âges et des classes sociales, les 18 à 24 ans mettent en avant la responsabilité des policiers eux-mêmes, par exemple l’usage excessif de la force de certains policiers (60% des citations). En revanche, les Français âgés de 65 ans et plus mettent en avant des causes extérieures aux policiers, et notamment le comportement agressif de certains individus (74%) ou l’augmentation des tensions sociales (60%).

Des policiers pas assez sanctionnés?
Sur le sujet des sanctions en cas d'actes de violences policières, les Français semblent toutefois bien plus partagés.
Ainsi, pour 50% des sondés, les violences policières ne sont pas traitées de manière juste ni indépendante, et ne sont pas sanctionnées lorsque des fautes sont commises. A l’inverse, pour 49% elles sont traitées de manière juste et indépendante, et sont sanctionnées lorsque des fautes sont commises. 1% des Français n’ont pas d’opinion sur la question.
Là encore, ce sont les jeunes générations qui ont un regard plus critique à ce sujet, puisque 65% des 18-24 ans estiment qu’elles ne sont pas traitées de manière juste et indépendante et qu’elles ne sont pas sanctionnées (contre 35% sanctionnées), ainsi que 60% des 25-34 ans (contre 39%).
La majorité des Français âgés de 65 ans et plus estime que les violences policières sont jugées de manière juste et sont sanctionnées (57%, contre 42% non sanctionnées).

La réaction du gouvernement critiquée
Dans cette enquête, Emmanuel Macron et son gouvernement sont également pointés du doigt, pour leur réaction tardive aux violences policières. Dans le détail, ils sont 56% à considérer que ces derniers ont trop tardé à réagir, 32% qu’ils ont réagi au bon moment et 12% trop rapidement.
Là, outre le clivage social, la différence se fait au niveau politique. Ainsi, 76% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon condamnent le manque de réactivité du gouvernement, tandis que la majorité absolue ou relative des électeurs d’Emmanuel Macron (54%) et de François Fillon (44%) estiment que l’action gouvernementale est intervenue au bon moment.
Du côté du Rassemblement national, on semble plus divisé à ce sujet. 50% des électeurs de Marine Le Pen considèrent que l’exécutif a trop tardé, mais près d’1 sur 4 (26%) jugent que le gouvernement a agi trop rapidement.

Sondage réalisé par Internet les 9 et 10 juin 2020 sur un échantillon de 1004 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.












