"Son agonie a été terrible": dans le coma depuis 20 ans, Benjamin Danielou est mort

Un couloir de l'hôpital (illustration) - JOEL SAGET
"Benjamin est décédé ce matin." C’est avec ces mots que Maxime Danielou, père de la victime plongée dans le coma depuis 20 ans a annoncé à France 3 Bretagne la mort de son fils, survenue dimanche 23 novembre "au lever du jour". Un dénouement tragique, après le drame qui a bouleversé leur vie.
Benjamin Danielou était alors en stage en Thaïlande lorsqu’un accident de scooter l’a plongé dans un coma profond, dont il ne s’est jamais réveillé. Depuis, son père s’était résigné à l’accompagner dans cette lente et douloureuse dérive, espérant un jour le voir "libéré" de ce corps devenu prison. L’espoir d’une issue plus digne résidait dans le projet de loi sur la fin de vie, prévu en deuxième lecture pour 2026. Trop tard pour Benjamin.
"C’est un mort-vivant"
"C’est un mort-vivant. Il ne bouge pas. Il ne réagit pas à la parole, il ne réagit pas à la vision, il ne comprend pas, il ne s’exprime pas" confiaient les parents, décrivant leur fils réduit à "des os".
Privés d’alternatives concrètes, ses parents ont vu leurs demandes d’euthanasie rejetées, même dans des pays voisins comme la Belgique où elle est pourtant dépénalisée. En France, la seule voie légale était l’arrêt de l’alimentation, de l’hydratation et de la sédation: un processus lent et inacceptable pour Maxime Danielou, qui refusait catégoriquement cette issue, qu’il qualifiait de mort affreuse.
"Je souhaite qu’on puisse quitter notre enfant dans l’intimité et dans la dignité, et non pas de le laisser mourir seul, privé de soins jusqu’à ce qu’il s’éteigne. Je ne veux pas garder l’image de mon fils agonisant", confiait-il encore à France 3 Bretagne.
"Je continuerai à lutter"
Finalement, Benjamin s’est éteint, emporté par un cancer de la vessie métastasé . "Une agonie terrible", souffle son père. Dans les colonnes de la chaîne régionale, il exprime sa douleur, son incompréhension, et sa volonté farouche de continuer le combat pour d’autres.
"J’aurai connu tous les aspects de la fin de vie, y compris l’horreur de la sédation profonde et continue, qui a duré, duré et encore duré. Une horreur, promet-il, contre laquelle je continuerai à lutter."













