Sauvé par une pétition, le dernier crieur de journaux de Paris reprend du service

Ali commence 2017 avec le sourire. Depuis le début de l'année, il attaque à nouveau ses journées à vélo dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, une pile du journal Le Monde dans les bras. Il y a quelques semaines pourtant, son activité de crieur de journaux, le dernier de Paris, a failli disparaître. En cause, la fermeture de l'entrepôt où il se fournissait à Paris et un nouveau lieu de stockage trop éloigné pour le crieur parisien.
C'était sans compter sur la sympathie qu'attire le vendeur de 64 ans dans ce quartier du 6e arrondissement. En décembre, une pétition lancée par l'association des anciens élèves de Sciences Po, voisine, recueille 7.000 signatures en quelques jours. Après avoir été reçu par le journal, Ali fait désormais figure d'exception et se fait livrer les 40 exemplaires qu'il écoule chaque jour. Pour les restaurateurs de Saint-Germain-des-Prés et les clients, c'est un soulagement.
"On est ravi qu'il soit toujours là, on sait que ça a été un peu compliqué donc on a tous signé une pétition qui a été diffusée par les réseaux sociaux", explique l'un d'eux à BFM Paris.
Des blagues pour faire vendre le journal
En suivant Ali à Saint-Germain-des-Prés, il ne faut pas longtemps pour comprendre qu'il est une véritable célébrité. Même si son activité de vendeur à la criée est aujourd'hui un complément, il applique toujours la recette qui a fait son succès: l'humour.
"J'écris des blagues, c'est grâce à ça que ça attire les clients et que je vends le Monde, en criant des blagues", sourit-il.
Ce jour-là, le journal fait sa Une sur le Brexit. Détournant le titre, Ali aborde les passants en leur assurant que "l'Europe est sauvée, les Anglais reviennent". Véritable personnalité locale, il vend aussi de temps à autre son autobiographie aux riverains qui le reconnaissent. "C'est définitivement une star, j'avais repéré qu'il se baladait avec son livre, je voulais lui prendre", explique une Parisienne qui aura droit à son exemplaire dédicacé.
Il y a quelques années, Ali Akbar a même été élu personnalité préférée des habitants du quartier. Un titre qui lui vaut une fresque à son effigie, et même des cartes postales. Mais si le quartier aime Ali, Ali lui rend bien. "J'aime les gens d'ici, j'essaye d'animer un peu le quartier, c'est ça ma spécialité pour qu'ils restent un peu joyeux", confie-t-il. A 64 ans, Ali n'est pas encore prêt à s'arrêter. Plus qu'un phénomène, il est un peu devenu un monument de la capitale.












