Roms attaqués à l'acide: "Même des animaux, on ne les traiterait pas comme ça"

La scène s'est déroulée sous les yeux de plusieurs bénévoles d'associations. - -
Enquête ouverte après l'agression d'un couple de Roms à Paris. Le couple a déposé plainte. Le 16 janvier dernier, un homme a aspergé leur matelas d'un produit caustique, peut-être de l'acide.
La scène s'est déroulée sous les yeux de plusieurs bénévoles d'associations. Ce soir-là, Léo participe à une maraude, comme tous les jeudis soir. C'est alors qu'il aperçoit un couple de Roms, allongé sous un abri, ainsi qu'une autre personne suspecte.
"On voit un type s’agiter. Tout autour du matelas, il y avait un liquide extrêmement corrosif sur les couvertures sur lesquelles ils étaient installés".
D'après les familles de Roms, ces agressions se sont renouvelées plusieurs fois. "Il se balade la nuit, il vient et met de l’acide, raconte une femme. Ça brûle les vêtements. On a peur de cet homme. On essaye de ne plus trop dormir dans cette rue".
"Malheureusement récurrent"
Blandine milite pour l'association Autremonde, qui lutte contre l'exclusion. Elle faisait partie de l'équipe qui faisait la maraude lorsque les faits se sont déroulés.
"Je trouve ça inhumain, s'indigne-t-elle. Je ne peux pas comprendre. Lui il veut un quartier propre, ce qui peut se comprendre, on a tous envie d’un quartier où on se sent à l’aise. Mais ce sont des êtres humains, même des animaux, on ne les traiterait pas comme ça. Je suis vraiment choquée".
Les associations de lutte contre l'exclusion, qui organisent les maraudes, ont bien identifié cet homme. Il se dit propriétaire de trois appartements. Sylvie, une autre bénévole, continue de le croiser régulièrement. "Il est plutôt avenant. Pas du tout le mec bourré du samedi soir".
Pour elle, ce cas est tout à fait représentatif d'un climat délétère qui règne à l'égard des Roms. "C’est malheureusement récurrent. Des gens insultent, ou urinent sur les Roms… C’est complétement illégal. J’aimerais bien que mon pays applique ses lois jusqu’au bout".
Maintenant Blandine, Sylvie et Léo n'attendent qu'une chose : l'arrestation de celui qu’ils désignent comme un tortionnaire.












