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Restauration : la TVA réduite est menacée

BFM La Rédaction avec T. Chupin
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La baisse de la TVA dans la restauration instaurée par Nicolas Sarkozy pourrait être abolie. Motif : elle coûte trop cher à l’Etat, 3 milliards d’euros, et les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous.

La colère monte chez les restaurateurs après l’annonce de la possible disparition de la TVA réduite à 7% dans la restauration. Cette niche, accordée par Nicolas Sarkozy et qui coûte trois milliards d'euros par an à l'Etat, n'a pas les résultats escomptés. Une somme non négligeable alors que l'Etat doit en trouver 33 pour l'année 2013.

«Le maintien à 7%, compliqué à justifier»

Le député socialiste Thomas Thevenoud, chargé pour la commission des finances à l'Assemblée d'examiner l'impact du taux de TVA réduit à 7%, est clair : il faut relever la taxe, bien plus que le passage de 5,5 à 7% appliqué par Nicolas Sarkozy le 1er janvier 2012. « Le retour de 7% à 5,5% me paraissait rigoureusement impossible et même le maintien à 7% me semble assez compliqué à justifier », explique le député.

Seulement 57 000 postes sur 70 000 attendus

Selon le député, les restaurateurs n'ont pas baissé leurs prix et n'ont pas embauché autant de salariés que le prévoyait l'accord conclu en 2009. En trois ans, 57 000 postes ont été créés, il en manque donc 13 000 pour atteindre l’engagement prévu de 70 000 embauches. Le deuxième point qui ne satisfait pas : les prix. Si aux premiers temps de la mesure, la restauration avait joué le jeu de la baisse des prix, depuis juin 2011, certaines cartes ont vu leurs prix augmenter jusqu’à 3,1% quand l’inflation n’atteignait que 1,4%. A cette augmentation, les restaurateurs répondent qu’ils n’ont pas le choix. Les matières premières ne cessent d’augmenter, il faut bien répercuter cette hausse. Dernier point, positif celui-ci : les salaires ont un peu augmenté, des mutuelles créées, et des primes jusqu'à 500 euros versées.

« Une augmentation de la TVA serait dramatique »

« Je suis très inquiet, insiste Roland Heguy, président confédéral de l'Umih (Union Métiers Industries Hôtellerie), parce que derrière, il y a 25 000 restaurants en France qui sont sur le fil. Donc si jamais il y a avait l'annonce en fin d’année d’une augmentation de la TVA, il y aurait des dépôts de bilan, ce qui serait dramatique pour nos emplois et nos salariés ».

Les professionnels reçus le 10 septembre par la ministre du Commerce|||

La ministre du Commerce Sylvia Pinel recevra les professionnels de la restauration le 10 septembre pour dresser le bilan de la TVA à 7% et notamment des efforts consentis par le secteur en contrepartie du taux réduit, annonce le ministère dans un communiqué lundi.