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Pyrénées-Atlantiques : une fillette au commissariat pour cantine impayée

BFM Philippe Gril avec AFP
Léa, 5 ans, a été expulsée de la cantine pa une policière municipale parce que ses parents ne payaient plus la cantine.

Léa, 5 ans, a été expulsée de la cantine pa une policière municipale parce que ses parents ne payaient plus la cantine. - -

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Une policière municipale a fait irruption mardi à la cantine d'une école d'Ustaritz, afin d'emmener une fillette de 5 ans au poste, à cause des impayés de ses parents. Les autres élèves ont été choqués, explique l'établissement. En colère, son père témoigne sur RMC.

Les enfants de la cantine de l’école privée Saint-Vincent d'Ustaritz, dans les Pyrénées-Atlantiques, mangeaient tranquillement, mardi dernier, lorsqu’une policière municipale a fait son entrée. Tous ont alors vu la policière se diriger vers la petite Léa, 5 ans, pour l’emmener au poste de police, parce que ses parents ne paient plus la cantine depuis un moment. A la suite de ces impayés, à hauteur de 170 euros, la fillette n’était d’ailleurs plus inscrite à la cantine.
Le maire d'Ustaritz, qui gère la cantine scolaire, a indiqué jeudi que « la mère avait été avertie mardi qu’elle devait venir chercher sa fille qui ne pouvait pas déjeuner à la cantine » mais qu'elle n'est finalement « pas venue ». Dominique Lesbats a assuré que les services de la mairie étaient engagés « depuis plus d'un an » dans une procédure avec les parents de Léa, qui sont selon lui dans « une mésentente terrible », mais que ces derniers malgré « quatre convocations en 2012 » ne se sont « jamais présentés ». Il a précisé que ce n'était pas lui qui avait demandé l'intervention de la policière. Pourtant, dans la soirée, le Syndicat national des policiers municipaux a assuré que la policière avait agi sur ordre de la mairie. « Selon mes informations, la policière avait reçu un ordre direct de la mairie. (...) Elle a ensuite rédigé une main courante et un rapport selon lesquels elle a agi sur instruction », a expliqué Frédéric Foncel, secrétaire général du SNPM-FO.

« Les élèves pensaient que Léa était en prison »

« C'est un procédé irresponsable », a expliqué le directeur de l’école, Laurent Aguergaray, précisant que Léa et ses camarades avaient été traumatisés: « Quand Léa est revenue dans l'après-midi ils étaient étonnés. Ils pensaient qu'elle était en prison. La maîtresse a discuté avec toute la classe pour tenter de dédramatiser ». « On ne prend pas les enfants en otage de cette manière », a-t-il ajouté
L’association de parents d’élèves FCPE64 a jugé, elle, « totalement injustifiable » cette intervention de la police municipale et estime que « la responsabilité de la mairie d'Ustaritz est pleinement et exclusivement engagée ». « S'il y a des impayés, la solution doit être trouvée avec les services sociaux ou par les voies de recouvrement légales », ajoute l'association de parents d'élèves dans un communiqué.

« Ce n'est pas possible, on ne peut pas faire ça »

Le père de Léa, lui, ne décolère pas. « Quand j’ai appris ça, je ne l'ai pas cru, explique-t-il sur RMC. Je me suis dit : "ce n'est pas possible, on ne peut pas faire ça" ! On a donné une barrière, c'est 18 ans, l'âge de la majorité. A partir de 18 ans on est en capacité de savoir ce qui est bien et ce qui n'est pas bien. Une enfant de 5 ans elle ne le sait pas. Mettre une enfant comme ça au milieu d'une affaire de grand, et lui faire subir ainsi qu'à sa classe un choc, je trouve que c'est totalement irresponsable ».
Les parents ont la garde alternée de la fillette. Le père de Léa a indiqué avoir engagé une procédure pour récupérer la garde de l'enfant.