PSA met fin aux dividendes en échange d’un soutien de l’Etat

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Moins de dividendes, moins de plans sociaux, mais plus d’aides. Voilà, en résumé, ce qu’a proposé Jean-Marc Ayrault à PSA Peugeot Citroën, une demande immédiatement acceptée. Dans la foulée, PSA Peugeot Citroën a en effet répondu par l’affirmative, renonçant à verser tout dividende et stock-option le temps que durerait la garantie apportée par l'Etat à sa filiale bancaire.
« Il a été décidé, pendant la période de la garantie de l'Etat, de ne pas procéder à des distributions de dividendes ou à des rachats d'actions, et de ne pas attribuer aux membres du directoire d'options de souscription ou d'achat d'actions ni d'actions gratuites », a indiqué le constructeur automobile dans un communiqué.
Dans la foulée, l'action PSA Peugeot Citroën, après une ouverure en hausse à la Bourse de Paris, a effacé ses gains pour toucher un plus bas en plus de 26 ans à la suite des annonces du groupe automobile. A 9h43, le titre perdait 4,74% à 5,55 euros, après avoir touché 5,53 euros, son plus bas niveau depuis le premier trimestre 1986. Peu avant 11 heures, le titre, après avoir chuté de 7.48% était même à 5,38 euros.
« Pas de dividendes, de stock options, d'achat d'actions »
« Mon gouvernement n'a pas du tout l'intention de faire des cadeaux, comme cela, sans engagements (...), ce temps là est terminé », avait déclaré sur France Inter le Premier ministre quelques minutes plus tôt. En échange, « nous demandons à PSA de ne pas distribuer, pendant que le groupe ne s'est pas redressé, de dividendes, de stock options, d'achat d'actions, ce qui serait un scandale, et de tout concentrer sur le redressement de l'entreprise », a-t-il déclaré.
« L'objectif, c'est pas de licenciements secs »
Il veut aussi que PSA « fasse des propositions aux salariés, aux représentants pour améliorer ces propositions. L'objectif pour nous, c'est pas de licenciements secs, pas de personnes sans solutions ». Le groupe prévoit pourtant de supprimer 8 000 postes en France et de fermer le site d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. PSA a annoncé ce mercredi que l'Etat allait garantir des émissions de sa banque, BPF, à hauteur de 7 milliards d'euros sur trois ans. En échange, ses instances dirigeantes allaient s'ouvrir à un représentant des salariés et un représentant de l'Etat.
Pas d'effort particulier sur le plan social ?
Sur ce point, pourtant,PSA semble ne pas être totalement prêt. Selon le syndicat CFTC, le numéro un de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a refusé de s'engager ce mercredi sur la préservation de centaines d'emplois dans le cadre du plan social en échange d'une garantie publique pour la Banque PSA Finance.
« Philippe Varin réaffirme que cela appartient aux discussions à venir » avec les syndicats et « refuse de confirmer des engagements qu'il n'aurait pas tenu sur l'emploi », fait savoir la CFTC, présente à un comité de groupe européen. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait exigé mardi que la garantie publique à la filiale bancaire de PSA s'accompagne d'une « réduction de l'impact social qui doit se chiffrer en centaines d'emplois préservés », sur les 8 000 suppressions de postes prévues.












