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Pour les prud'hommes de Paris, traiter un coiffeur de "PD" n'est pas homophobe

BFM P.A.
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Dans un arrêt daté de janvier 2016, les prud'hommes jugent que l'expression "PD" n'est pas une insulte pour un coiffeur. La victime a décidé de faire appel et le Défenseur des droits a été saisi.

Traiter un coiffeur de "PD" ne serait pas une insulte homophobe. Le 7 avril, Mathieu Brancourt, journaliste pour la revue Remaides, publie sur son compte Twitter la photo d'un jugement rendu par les prud'hommes de Paris et portant sur un licenciement abusif. Dans la décision, les juges donnent une explication étonnante pour rejeter le caractère homophobe du licenciement.

"Les salons de coiffure emploient des homosexuels"

Selon les juges, "le terme de "PD" employé par le manager (de l'employé licencié) ne peut être retenu comme propos homophobes car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles".

Finalement, la décision des prud'hommes donne raison à la victime et condamne son employeur à 5.000 euros de dommages et intérêts, mais sans reconnaître le caractère homophobe de son licenciement, ce qui l'a poussée à faire appel.

Le Défenseur des droits saisi

Immédiatement après la décision des juges, la victime, qui ne souhaite pas témoigner, a décidé de saisir le Défenseur des droits pour l'épauler lors de l'appel. Dans un premier avis, celui-ci "constate que la rupture du contrat de travail constitue une discrimination" et "décide de présenter ses observations devant le Conseil des prud'hommes saisi.

Interrogée à ce sujet sur RTL, Myriam El Khomri, la ministre du Travail, a qualifié de "profondément scandaleux" le jugement rendu par les prud'hommes de Paris qui ne se sont pour l'instant pas exprimé sur l'affaire. La date du jugement en appel n'a pas encore été fixée.